Actualité
RDC – Élections : Le président de l’Apukin exige la démission des candidats professeurs invalidés par la Ceni
C’est ce lundi 8 janvier, lors d’une interview accordée à la presse, que le président de l’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa (Apukin) a demandé à tous les candidats professeurs invalidés pour fraude par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de démissionner de leurs fonctions de professeur d’université. Cette demande vise à éviter une possible radiation que l’Apukin pourrait mettre en œuvre en cas de résistance.
Lors d’une interview à la Radio Okapi, le président de l’association des professeurs a exigé la démission de tous les professeurs candidats à l’élection présidentielle du 20 décembre, invalidés pour tricherie, banditisme et fraude. Il leur demande de présenter leur démission, faute de quoi l’Apukin engagera une procédure d’exclusion pour prévenir le risque de transmettre aux étudiants des comportements nuisibles et des valeurs contraires à l’éthique universitaire.
« Nous leur demandons simplement de démissionner volontairement, car ils ont jeté l’opprobre, l’anathème, le discrédit, la perfidie… sur ce corps d’élite », a déclaré David Lubo, président de l’Apukin.
Dans le but de protéger la jeunesse des situations de tricherie et de corruption, David Lubo demande des poursuites judiciaires à l’encontre de ces personnalités académiques. Il estime que si elles ne renoncent pas à leurs fonctions de professeur, l’Apukin prendra des mesures disciplinaires à leur encontre.
« S’ils ne le font pas d’eux-mêmes, nous demanderons à l’autorité compétente de prendre les mesures nécessaires pour entamer le processus de leur éviction. De cette manière, ils ne pourront pas transmettre la tricherie et les antivaleurs à la jeunesse que nous formons », a-t-il ajouté.
Il convient de rappeler que le vendredi 5 janvier, la CENI a publié sa décision d’annuler les élections législatives provinciales et nationales dans certains territoires du pays, ainsi que l’invalidation de 82 candidats pour fraude, banditisme, tricherie et détention illégale de machines à voter.
Monica Bubanji/CongoProfond.net
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
