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RDC – Élections 2023 : Moïse Katumbi demande l’annulation des élections suivie de la démission de Denis Kadima
Moïse Katumbi a demandé, par le biais d’une communication écrite publiée ce dimanche 7 janvier, la démission du président de la Ceni ainsi que l’annulation des élections du 20 décembre. Sur son compte Twitter, le candidat d’Ensemble pour la République a mis en avant cette demande, précisant qu’elle devrait être suivie d’une suspension des membres actuels de la Ceni, en attendant des enquêtes sur les fraudes et les irrégularités, ainsi que les décisions de la Cour constitutionnelle.
« En attendant et suite aux déclarations de M. Kadima, qui ont même surpris ceux qui semblaient ignorer les graves irrégularités jamais enregistrées dans l’organisation des élections à travers le monde, nous lui demandons simplement de se retirer immédiatement en démissionnant. Il a nui plus que quiconque à un processus électoral qui n’a été qu’un simulacre d’élections », a déclaré le candidat à la présidence, Moïse Katumbi.
Il a poursuivi en reconnaissant l’importance des sanctions infligées aux candidats invalidés, soulignant qu’elles ne devraient pas passer inaperçues afin de maintenir la démocratie en République démocratique du Congo de manière équilibrée et saine. Moïse Katumbi a également appelé la population congolaise à s’opposer à tout pouvoir allant à l’encontre des principes de la constitution congolaise.
« Ce cas mérite les sanctions les plus sévères afin de ne pas donner un mauvais exemple à l’humanité. Toutes les infractions commises ont profondément atteint les fondements de notre démocratie. Étant donné qu’aucune légitimité ne peut découler de la fraude, le peuple est appelé à s’opposer à tout pouvoir exercé en violation flagrante de la Constitution », a précisé le président d’Ensemble pour la République.
Face aux invalidations, ce candidat appelle la population et la communauté internationale à prendre acte des différentes décisions prises par la Ceni, mais à ne pas tenir compte des résultats issus de la fraude et de la tricherie, car cela s’inscrit dans la lignée des différentes situations dénoncées par lui et les membres de son parti.
« J’appelle la communauté internationale à ne pas reconnaître un résultat issu de la fraude et de la tricherie. L’intérêt de la République en dépend. »
Il a ajouté :
« Espérer un processus aussi chaotique, auquel la Ceni elle-même semble prendre des mesures insignifiantes, est évidemment illusoire alors que le mal est plus profond. Chers compatriotes, il n’y a pas d’autre solution que d’annuler ce simulacre d’élections », a-t-il écrit.
Rappelons que vendredi dernier, la Ceni a annoncé, par le biais de la Commission d’enquête chargée d’examiner les actes frauduleux entourant le scrutin, l’annulation des élections législatives nationales et provinciales dans certains territoires, ainsi que l’invalidation de 82 candidats en raison de fraudes et d’irrégularités.
Monica Bubanji/Congo Profond.net
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
