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RDC/Élections 2018: comment convaincre sa base électorale?(Delphin Bateko Moyikoli)

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La campagne électorale s’annonce ! Et dans le chef des candidats, à tous les niveaux, et dans leurs états-majors respectifs, stratégies et stratagèmes font bon ménage pour chercher comment convaincre les électeurs et avec quel discours politique. Dans la plupart de cas, c’est le discours basé sur le mensonge qui sera au rendez-vous. Il faut tromper, utiliser tous les subterfuges pour gagner la confiance des électeurs et remporter les élections. Comme cela a été le cas lors de la campagne électorale de 2006 et celle de 2011 avec des promesses mielleuses non tenues. Cette fois-ci, le peuple qui n’est plus dupe, ose-t-on croire, ne va plus mordre à l’hameçon. Aussi les partis politiques sont-ils invités à bien s’organiser, pour ce faire, au risque de voir leurs candidats s’engager dans un suicide politique, si jamais les scrutins sont crédibles.

Le 23 décembre 2018, sauf changement de dernière minute, la République démocratique du Congo va entrer dans la phase des élections présidentielle et législatives attendues depuis plus de 2 ans. Cependant, avant cette fameuse date, l’étape cruciale est celle de la campagne électorale pour qu’un candidat s’attire l’attention et la confiance des électeurs.

En effet, durant la campagne électorale, les candidats et leurs partis « battent campagne », c’est-à-dire qu’ils font leur promotion dans le but de chercher à récolter le plus grand nombre de voix possible. Ils élaborent généralement un « programme électoral » ou un « programme politique ».

Quelle que soit l’élection à laquelle on veut se présenter, il est important de mener une campagne électorale. Cela demande un investissement considérable de temps, d’énergie et de moyens financiers, logistiques … Se lancer dans une campagne électorale doit donc être une décision mûrement réfléchie. En effet, si on n’est pas suffisamment préparé, on risque d’être dépassé par les exigences d’un tel évènement.

Siège national de la CENI

Le marketing, un support clé de la politique

Raison pour laquelle une bonne campagne doit faire appel aux connaissances approfondies de marketing, à savoir l’analyse SWOT utilisé en marketing et le marketing relationnel. Le concept SWOT est un acronyme issu de l’anglais : Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), opportunities (opportunités) et Threats (menaces). Cette approche permet à celui qui bat une campagne électorale d’évaluer ses forces, ses faiblesses, ses opportunités par rapport aux autres candidats ainsi que les menaces qui le guettent face à ses adversaires politiques.

En ce qui concerne le marketing relationnel, il repose essentiellement sur la création d’amitié et de confiance entre les individus d’une structure monolithique et ceux d’une structure hétérogène. Dans ce type de marketing, le message passe souvent de bouche à l’oreille que sur des supports documents. Ce type de marketing est utilisé en République démocratique du Congo par la firme américaine Aloevera pour la promotion et la vente de ses produits de marque.

Emmanuel Shadari    

Mais, pour y arriver, le candidat à un poste politique a l’obligation de mettre en place un outil ou une équipe de stratégies des organisations permettant de déterminer les options stratégiques envisageables au niveau d’un Domaine d’activités stratégiques (DAS). Cette équipe d’experts doit être composée de communicologues, bibliologues, sociologues, de psychologues, archivistes-documentaliste et, peut-être aussi, de politicologues. Le travail de ces experts est de mettre en place des directives pour la bonne organisation d’une campagne électorale comme nous le propose le site web wikiHow: « Identification des points forts et faibles ; assumer les responsabilités ; demander des avis objectifs à l’entourage ; préparation au marathon électoral ; choisir une cause qui vous tient à cœur par rapport à l’observation de l’environnement et de la nature ainsi que recruter des personnes intelligentes et créatives ».

Un autre élément qui ne peut manquer dans une campagne est le mensonge. Le mensonge est le pilier psychologique de la communication politique. Pour bien comprendre le rôle du mensonge dans la politique, il faut d’abord comprendre son rôle en psychologie. Cette dernière classifie 4 types de mensonges, à savoir apparent, mythomanie, défensif et bien calculé d’avance. L’application du mensonge lors de la campagne électorale n’est pas pour mentir la base mais plutôt de créer l’esprit d’éloquence au communicateur de la campagne. Autrement dit, un politicien doit avoir l’impression de maîtriser tout, doit se présenter comme quelqu’un capable de faire mieux que les autres et surtout comme quelqu’un qui détient plus de grandes connaissances que les autres.

Antoine-Félix Tshisekedi

 

Selon le professeur Bob Bobutaka, dans son livre intitulé ‘‘Archivistique, bibliothéconomie, documentation et légistique : des disciplines de la bibliologie, Paris, L’Harmattan, 2015’’, « la communication politique englobe l’étude du rôle de la communication dans la vie politique au sens large en intégrant aussi bien les médias que les sondages, le marketing politique et la publicité avec un intérêt particulier pour les périodes électorales. La communication politique est aujourd’hui une réalité incontournable dans le secteur aussi bien privé que public ».

Des personnes clés pour la mise en place d’un bureau d’études pour une campagne électorale sont les journalistes, bibliologues, archiviste-documentaliste, psychologues, sociologues, politologues et communicologues. La finalité est de créer un politicien à pensée circulaire et non à pensée linaire. Dans la pensée circulaire, il y a le contrôle et l’évaluation.

Dans la politique congolaise, les Églises s’intéressent de plus en plus aux actions politiques. Durant les campagnes des élections de 2006 et 2011, certaines Églises, dites de réveil, avaient même pris l’initiative de tromper leurs fidèles en prophétisant sur certains candidats. Des prophéties selon lesquelles tel est un envoyé ou un élu de Dieu. Il va gagner les élections. Malheureusement, après les élections, le résultat était contraire à la prophétie. Preuve : en 2011, un candidat malheureux au Katanga avait ravi son groupe électrogène offert à une Église lors de la campagne électorale. À noter aussi le danger d’associer une Église à la lutte politique se manifeste également si les acteurs politiques n’arrivent pas à répondre aux besoins des fidèles ou à défendre leurs intérêts après leur élection. En effet, il y a risque de provoquer une rupture dans la relation qui existe entre les deux parties.

Jean-Philibert Mabaya

Le rôle de médias pendant la campagne

À Kinshasa, pour le moment, la majorité de médias diffusent rarement les informations de proximité. Mais ils rendent souvent les informations dites institutionnelles ou font de la communication institutionnelle. Le mal dans cette négligence est que les médias perdent non seulement leur rôle d’intermédiaire mais aussi leurs lecteurs. Ce constat est fait par la quantification d’articles publiés dans des éditions de la presse écrite à Kinshasa.

Dans son livre intitulé « Élection et médias en Afrique centrale : voie des urnes, voix de la paix, Paris, Karthala, 2009 », Marie-Soleil Frère insiste sur le fait que le rôle des médias dans cette dynamique est capital de sorte qu’une élection démocratique sans liberté des médias est tout simplement impossible. Aussi les médias constituent-ils la tribune principale à travers laquelle les candidats et partis politiques peuvent faire émettre leur point de vue et leur programme. C’est à travers les reportages sur les enjeux du scrutin et la mise en perspectives des propositions de différents protagonistes que les électeurs pourront discerner les différences entre les candidats et partis en lice. Ce sont eux qui fournissent aux lecteurs les informations pratiques sur le processus électoral et le déroulement de la campagne et des opérations de vote. Ils doivent d’ailleurs s’interroger sur la transparence des élections et informer librement les électeurs d’éventuels dysfonctionnements afin d’y remédier rapidement.

Parti politique mal organisé en RDC

Les partis politiques dans notre pays accusent beaucoup d’insuffisances organisationnelles. Ce manquement est lié à la non-définition de la communication utilisée, à la mauvaise tenue des documents administratifs liés au parti politique, au manque de culture de lecture et de siège du parti politique.

Par définition, la communication des organisations est faite pour vendre l’image d’une structure. Par contre, celle des entreprises est mise en place pour l’augmentation des chiffres d’affaires. En politique, l’esprit de deux organisations communicationnelles permet au parti politique d’attirer la foule vers lui et surtout d’augmenter le nombre de ses membres. Pour y arriver, les partis politiques congolais ont le devoir d’organiser leur communication interne (Gestion structurale des documents d’archives du parti politique) avant de penser comment vendre et s’attirer de plus en plus l’adhésion des membres.

Pour le moment, l’ignorance est un élément clé qui ne permet pas à la classe politique de maîtriser son environnement (social, politique, diplomatique et de défense). La cause principale est le manque de culture de lecture. La majorité de Congolais sont plus connectés aux réseaux sociaux qu’aux journaux d’information ou sites web d’information.

Je pense que la première nourriture d’un acteur politique, c’est l’information. Sorry ! À Kinshasa les médias se meurent, faute d’annonceurs et d’acheteurs. La courbe de vente des journaux est toujours de tendance à la baisse. Pourtant, il y a 599 partis politiques et 77 regroupements politiques, selon la liste publiée par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité le 11 mai 2018. En outre, peu de partis politiques congolais n’ont pas de bureau d’études de renommée. Cette situation occasionne la négligence d’archives et de certains documents importants.

Delphin Bateko Moyikoli Chercheur congolais en Bibliologie, archives, documentation, SIC et animateur du canalblog : www.archivistebatekocanalblog.com. E-mail : delphinbateko@yahoo.fr

 

 


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Raffineurs et distributeurs africains : Tracer la voie à suivre pour mettre en œuvre un plan africain unique et durable de transition énergétique et de financement en aval

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L’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA) se réunit au Cap en avril pour discuter des questions clés de l’industrie et identifier des solutions de financement pour des projets d’infrastructure durables.

Le Dr Mustapha Abdul-Hamid, Président de l’ARDA et Directeur Général de la National Petroleum Authority (NPA) du Ghana, souligne le rôle essentiel que jouera le secteur africain en aval pour répondre aux besoins énergétiques futurs du continent : « Alors que l’énorme raffinerie de Dangote au Nigeria et la raffinerie de Sentuo au Ghana sont entrées en service récemment, les importantes demandes énergétiques futures de l’Afrique nécessiteront des investissements majeurs dans l’ensemble de la chaîne de valeur en aval pour fournir des carburants plus propres et de la valeur ajoutée produits pétroliers à notre population croissante. Les projets de modernisation des infrastructures et d’amélioration de l’efficacité logistique doivent être poursuivis parallèlement aux initiatives en matière de carburants et de véhicules plus propres.  À ce titre, l’ARDA est prête à collaborer avec ses partenaires clés tels que l’OPEP, l’APPO et la Commission de l’Union africaine, ainsi qu’avec d’autres parties prenantes, afin de développer une industrie pétrolière et gazière robuste et intra-africaine, soutenue par des solutions de financement innovantes telles que la Banque Africaine de l’Energie, qui devrait prendre son envol plus tard cette année”.

Anibor Kragha, Secrétaire Exécutif de l’ARDA, continue de promouvoir un Plan africain de transition énergétique en aval ciblé et unique, soutenu par des solutions de financement innovantes qui seront présentées lors du tout premier Forum d’investissement de l’ARDA : « L’Afrique doit être très intentionnelle alors que nous suivons une stratégie coordonnée pour exécuter des projets d’infrastructures énergétiques bancables axés sur l’équilibre entre les exigences de sécurité énergétique de notre continent et le programme mondial de transition énergétique”.  

Notre premier Forum d’investissement de l’ARDA se concentrera sur l’élaboration des meilleures pratiques clés – des cadres réglementaires robustes pour soutenir les investissements, une préparation efficace des projets pour déterminer la portée, le coût et le calendrier des projets économiques, le respect des exigences ESG critiques et les objectifs ciblés de développement des capacités humaines – sont mis en place pour attirer les solutions de financement de projets nécessaires pour garantir que les investissements sont réalisés comme prévu pour mettre en œuvre le Plan de transition énergétique de l’Afrique. Nous devons exploiter nos ressources humaines et minérales essentielles pour cibler les réserves de capitaux essentielles afin d’éradiquer la pauvreté énergétique et de libérer l’énergie plus propre nécessaire pour permettre la transition du continent vers une économie à faibles émissions de carbone.

Lors de la conférence, les sessions discuteront des défis et des opportunités panafricains :

  • Après la COP 28 : Assurer une industrie pétrolière et gazière intra-africaine coordonnée et robuste parallèlement à la mise en œuvre des aspirations en matière de transition énergétique.
  • L’avenir des carburants plus propres en Afrique – GPL, biocarburants, hydrogène, etc.
  • Placer les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) au premier plan
  • L’impératif technologique – Des innovations pour stimuler la transition énergétique en Afrique
  • Initiative des marchés africains du carbone (ACMI) – Le rôle de l’aval africain

L’ARDA WEEK 2024 se tiendra en présentiel du 22 au 26 avril 2024 au Century City Conference Centre, au Cap, en Afrique du Sud.

L’ARDA a été créée en 2006 pour donner une voix panafricaine à l’industrie africaine de l’approvisionnement, du raffinage et de la distribution du pétrole. L’ARDA représente non seulement les raffineurs, mais aussi de nombreux importateurs de produits, sociétés de stockage, commerçants et organismes de réglementation gouvernementaux. Pour plus de détails, consultez le site www.arda.africa ou contactez l’ARDA au info@afrra.org

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET


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Bientôt le magazine CONGO PROFOND dans les kiosques à journaux : Simplicité, Pertinence et Découverte