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RDC: des raisons pour diversifier les activités pétrolières ( Tribune d’Aldo Kamwanga, responsable du cabinet d’études CEDRHYC et membre du thinktank CEVIST)

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A côté de l’embellie du prix du baril de derniers jours, l’autre actualité dans le domaine pétrolier concerne le futur changement de nom de la firme française Total en Total energies. Les avis restent partagés : S’agit-il d’une simple opération cosmétique ou est-ce que cela répond-il à un virage stratégique du groupe ?
Pour expliquer cette décision du groupe français ayant de filiale en R-D Congo, Aldo Kamwanga, responsable du cabinet d’études CEDRHYC et membre du thinktank CEVIST livre ses pistes sur la situation.

La principale cause est à chercher du côté de la crise du COVID-19 qui a eu de lourdes conséquences sur le secteur.

Pour commencer, les prix du baril de pétrole brut se sont effondrés passant de plus de 60 dollars américains au début de l’année 2020 à moins de 20 à la fin du mois d’avril 2020 avant d’entamer une lente remontée. Il a fallu attendre cette année 2021 pour que les prix atteignent de nouveau leur niveau du début de l’année précédente. Une remontée des cours qui est à mettre au crédit des efforts des pays producteurs, ce qui laisse prudentes les entreprises du secteur quant à la durée de cette embellie.

Cette crise a mis à mal la santé des sociétés pétrolières : les chiffres sont globalement dans le rouge . Alors que des groupes comme Exxon et BP ont enregistré des pertes record de plus de 20 milliards de dollars américains pour l’année 2020, Total s’en sort plutôt mieux avec des pertes s’élevant à « seulement » 7 milliards. Cette situation a poussé Total à faire de nombreuses annonces dans le domaine des énergies autres que fossiles.

Le responsable de CEDRHYC nous rappelle que contrairement aux compagnies pétrolières américaines, leurs concurrentes européennes ont de plus en plus diversifié leurs activités ces dernières années.

Avec la libéralisation du marché de l’énergie dans l’union européenne au début des années 2000, de nombreuses entreprises du secteur des hydrocarbures ont investi le marché de l’électricité en vendant de l’électricité aux particuliers puis en rachetant puis en construisant des centrales à gaz. Si l’italienne ENI est vue comme un pionnier dans le domaine de la diversification, les autres sociétés s’y sont aussi lancé. Par exemple, Shell a acquis en 2017 le distributeur britannique d’électricité First Energy la renommant Shell Energy et Total a pris le contrôle de Lampiris (franco-belge) l’année précédente la renommant Total Spring en France et acheté Direct Énergie en 2018.

En 2019, Total a fusionné ses activités françaises dans une seule entité nommée Total Direct Energie. En 2020, ce sont les activités espagnoles du groupe portugais EDP (distribution et deux centrale électriques) que Total a acquises. Le développement des énergies renouvelables n’a pas laissé les sociétés pétrolières insensibles.

Ainsi, la norvégienne StatOil est devenue Equinor en 2018 pour souligner son implication croissante dans l’éolien marin. Total et BP sont bien avancés dans les investissements dans le solaire. Le groupe français est depuis 2011 l’actionnaire majoritaire dans la société américaine SunPower alors que le britannique a pris le contrôle de Lightsource en 2017.

M. Kamwanga observe que les sociétés européennes sont sous pression de leurs actionnaires pour entamer la décarbonation de leurs activités pour ne pas rater le virage de la transition énergétique. Les actionnaires veulent aussi sécuriser leurs investissements dans des domaines d’avenir pour faire face à un marché des hydrocarbures de moins en moins rassurant. De plus en plus actives dans la production d’électricité, les pétroliers qui veulent désormais être appelés énergéticiens, investissent massivement dans les énergies vertes (solaire, éolien) mais aussi dans le stockage d’énergie. Total a racheté la société française Saft en 2016, Shell a acquis l’allemande Sonnen en 2019 et BP a investi dans la start-up israélienne StoreDot.

Pour beaucoup, l’électricité est l’or noir du XXIe siècle, beaucoup de groupes pétroliers européens ont annoncé récemment des investissements dans l’énergie verte, la crise du COVID-19 a servi de catalyseur.

Pour conclure, Aldo Kamwanga tempère cet engouement des pétroliers vers les autres types d’énergies. Les grandes sociétés américaines, qui sont parmi les plus importantes, ne se bousculent pas pour diversifier leurs activités. En citant l’exemple de Total, il rappelle que même si 20% des investissements du groupe seront consacrés aux énergies non fossiles, 70% de ses revenus proviendront encore du pétrole et du gaz à la fin de la décennie. La dernière publication résultat trimestriel, du 29 avril 2021, confirme que les fondamentaux de la société n’ont pas changé l’exploration-production demeure le pilier de la société représentant plus de 65 % du résultat net opérationnel trimestriel.

Rombaut Boindombe(C.P)

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Journée internationale des Mines antipersonnel : Christelle Vuanga appelle au renforcement des efforts de déminage et à la garantie de la sécurité des civils

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À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation au problème des mines antipersonnel, la députée nationale Christelle Vuanga a appelé au renforcement urgent des opérations de déminage en République démocratique du Congo, tout en insistant sur la nécessité de garantir la sécurité des populations civiles exposées à ces engins explosifs.

Prenant part à une activité de sensibilisation, elle a alerté sur la persistance de cette menace dans plusieurs zones affectées par les conflits armés, où les mines continuent de faire des victimes et de freiner le développement des communautés locales.

Un impératif humanitaire et sécuritaire

Christelle Vuanga a souligné que la lutte contre les mines antipersonnel constitue une priorité à la fois humanitaire et sécuritaire, appelant à des actions coordonnées pour assainir les zones contaminées et protéger les populations vulnérables.

Elle a insisté sur la responsabilité collective d’agir avec détermination pour le désarmement des zones touchées, affirmant que cet engagement vise à préserver la vie humaine, la dignité des citoyens et l’avenir du pays.

Engagement pour l’égalité et la voix du Congo à l’international

Au-delà de cette problématique, la députée a réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité des droits, notamment à travers la promotion de l’intégration des femmes dans les instances de prise de décision.

Dans cette même analogie, l’élue de Kinshasa porte également la voix du peuple congolais sur la scène internationale, plaidant pour une mobilisation accrue en faveur d’un Congo débarrassé des mines antipersonnel et résolument tourné vers un avenir plus sûr et inclusif.

Exaucé Kaya

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