Société
RDC : « Des poursuites judiciaires pourraient servir de leçon aux autres influenceurs », Jean-Matthieu Kovo soutient la suppression de 2 000 comptes TikTok annoncée par le CSAC
La décision annoncée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication en République démocratique du Congo (CSAC) concernant la suppression de 2 000 comptes TikTok suscite des réactions dans plusieurs milieux.
À Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi, Jean-Matthieu Kovo Mwamine, assistant parlementaire du président de l’Assemblée provinciale du Nord-Ubangi, apporte son soutien à cette initiative.
Dans une prise de position rendue publique ce vendredi 14 août 2026, il estime que cette mesure constitue une réponse nécessaire face à certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux qu’il juge aberrants.
« Je rejoins totalement leur point de vue. C’est une prise de position courageuse et nécessaire. Le CSAC a parfaitement raison », a-t-il déclaré.
Jean-Matthieu Kovo dénonce notamment la multiplication, sur certaines plateformes comme TikTok, des attaques personnelles, des insultes et des contenus qu’il considère comme contraires aux bonnes mœurs.
Selon lui, l’exposition répétée des jeunes à ce type de contenus peut avoir des conséquences sur leur éducation et leur comportement.
« L’exposition constante aux attaques personnelles, aux insultes et à la dépravation des mœurs sur des plateformes comme TikTok détruit silencieusement l’éducation de nos enfants », soutient-il.
Des mesures au-delà de la suppression des comptes
Tout en soutenant l’annonce du CSAC, l’assistant parlementaire estime que la suppression des comptes concernés ne devrait constituer qu’une première étape.
« Supprimer un compte ne suffit pas, car la personne peut en recréer un le lendemain », explique-t-il.
Une collaboration entre CSAC et autorités compétentes
Dans sa déclaration, Il propose ainsi que le CSAC travaille avec les autorités compétentes afin de demander aux plateformes numériques de prendre des mesures plus strictes contre les comptes sanctionnés, notamment à travers l’identification des moyens permettant d’empêcher la recréation répétée de comptes.
Infractions jugées graves
Jean-Matthieu Kovo estime également que les contenus susceptibles de constituer des infractions doivent faire l’objet de procédures judiciaires.
« La suppression du compte ne doit pas effacer l’infraction pénale », affirme-t-il, ajoutant que les auteurs de faits graves, notamment en matière de diffamation ou d’atteinte aux bonnes mœurs, devraient répondre de leurs actes devant la justice.
Appel aux parents et promotion des contenus positifs
Pour lui, la protection des jeunes face aux contenus inappropriés ne relève pas uniquement de l’État ou des plateformes numériques. Il appelle également les parents à jouer leur rôle important en matière de contrôle de l’utilisation des smartphones par leurs enfants.
« Le vrai filtrage commence à la maison », estime-t-il, invitant les autorités à mener des campagnes de sensibilisation afin d’aider les parents à utiliser les restrictions d’âge et les outils de contrôle parental disponibles sur les smartphones.
Dans sa conclusion, Jean-Matthieu Kovo plaide enfin pour une meilleure valorisation des créateurs de contenus qui contribuent positivement à l’éducation et à l’information de la jeunesse.
« Si l’on supprime la médiocrité, il faut mettre en lumière les créateurs de contenu qui éduquent, qui parlent de science, d’histoire de la RDC, d’entrepreneuriat ou d’art », a-t-il déclaré.
Il propose notamment que le CSAC puisse mettre en place des initiatives destinées à encourager et à récompenser les créateurs de contenus considérés comme contribuant à l’éducation et à la sensibilisation de la jeunesse.
Cette prise de position intervient donc dans le contexte de l’annonce du CSAC relative à la suppression de 2 000 comptes TikTok, vu l’ampleur du cyberharcèlement observée en RDC. Pour Jean-Matthieu Kovo, l’enjeu dépasse la seule fermeture de comptes et doit s’inscrire dans une démarche plus large combinant régulation, responsabilité des utilisateurs, implication des parents et promotion de contenus éducatifs.
Blaise ABITA/CONGOPROFOND.NET