Sécurité
RDC : Coopération militaire avec la France, sans engagement direct dans les combats
La présence de militaires français à l’aéroport de Kisangani a récemment suscité des interrogations, notamment après la diffusion d’une photo. Ces officiers accompagnent les Forces armées de la RDC (FARDC) dans le cadre d’une coopération militaire ancienne, a confirmé l’ambassade de France à Kinshasa. Il ne s’agit ni d’une opération nouvelle ni clandestine.
Selon Patient Ligodi, journaliste à RFI et correspondant à Kinshasa, interrogé mardi 24 février dans l’émission Appel sur l’actualité, cette coopération existe depuis plusieurs années et s’est renforcée depuis 2019. Elle a pour objectif principal la formation et l’accompagnement des FARDC, et non la participation directe aux combats.
Dès 2019, cinq conventions bilatérales ont été signées entre la France et la RDC pour structurer le partenariat sur la formation des cadres militaires congolais. En janvier 2021, l’école des guerres de Kinshasa a été inaugurée avec l’appui de la France, permettant la formation de colonels et officiers supérieurs, avec aujourd’hui cinq promotions diplômées.
Dans l’est du pays, la France accompagne depuis 2021 la montée en capacités des FARDC face aux groupes armés. Des militaires français ont formé le premier bataillon jungle opérationnel dans le Nord-Kivu et un second bataillon au camp de Kibomango, près de Kinshasa. Ces formations portent sur les combats défensifs et offensifs, la lutte contre les engins explosifs improvisés, le tir et la sécurisation en milieu forestier. Certaines unités ont également été formées au centre d’entraînement au combat en forêt au Gabon. Au total, trois bataillons jungle, d’environ 800 soldats chacun, participent à ce programme.
La coopération ne se limite pas à l’est du pays. Depuis 2021, des missions de formation ont été conduites à Kananga (Kasaï-Central) pour évaluer les besoins des écoles militaires. La même année, une centaine de marins congolais ont été formés à la sécurité maritime lors de l’escale du patrouilleur français Commandant Bouan à Banana. En 2022, des sessions de formation ont également été menées à Kitona, dans l’ouest de la RDC.
Patient Ligodi souligne : « Il s’agit uniquement d’une mission de formation et d’accompagnement pour renforcer les capacités des FARDC. Toutes ces actions sont publiques et documentées. »
Cette coopération structurée couvre plusieurs régions du pays et vise à renforcer durablement les capacités opérationnelles des forces armées congolaises, sans engagement direct des militaires français dans les combats.
Félicien MK | CONGOPROFOND.NET
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
