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RDC : célébrant ses 6 ans d’existence, Mapendo Banque Alimentaire réaffirme son engagement contre la faim et le gaspillage alimentaire
À l’occasion de son sixième anniversaire, Mapendo Banque Alimentaire dresse le bilan d’un parcours marqué par l’engagement, la résilience et la solidarité. Créée en avril 2020, l’organisation s’est donnée pour mission de lutter contre la faim et le gaspillage alimentaire en République démocratique du Congo, dans un contexte où l’insécurité alimentaire demeure un défi majeur.

Depuis sa création, Mapendo s’est imposée comme un acteur humanitaire engagé, œuvrant à la fois dans la récupération des denrées alimentaires, la sensibilisation contre le gaspillage et la redistribution aux populations les plus vulnérables. À travers ses actions, l’organisation s’efforce de transformer un paradoxe criant, l’abondance perdue face à la pénurie vécue, en une opportunité de solidarité concrète.
Six ans après, le combat reste entier. Mais l’ambition de Mapendo s’est renforcée : devenir un véritable réseau humanitaire national, capable d’étendre ses activités à travers toute la RDC. L’objectif est clair : apporter une réponse durable et structurée à la problématique de la faim et de la pauvreté, en s’appuyant sur deux valeurs fondamentales : la solidarité et la justice sociale.
« Notre vision est de bâtir un système où aucune nourriture ne se perd pendant que des vies souffrent de la faim », souligne Mme Grâce Kapingo Ntolo, Chargée Administration et Finance de Mapendo. « Cela passe par une mobilisation collective et une organisation efficace de toute la chaîne alimentaire ».
Dans cette dynamique, Mapendo lance un appel fort aux autorités publiques et aux parlementaires pour une reconnaissance étatique de son action. Une telle reconnaissance permettrait non seulement de renforcer son impact, mais aussi de structurer davantage le secteur des banques alimentaires en RDC, encore peu institutionnalisé.

Par ailleurs, l’organisation invite tous les acteurs de la chaîne alimentaire, producteurs, distributeurs, marchés, entreprises et partenaires techniques, à s’engager dans une collaboration durable. L’enjeu est de bâtir des partenariats solides et fructueux, capables de réduire significativement le gaspillage alimentaire tout en répondant efficacement aux besoins des populations.
Alors que la RDC continue de faire face à des défis socio-économiques importants, l’action de Mapendo Banque Alimentaire apparaît comme une réponse concrète et porteuse d’espoir. Après six années d’existence, l’organisation entend poursuivre son combat avec la même détermination : faire de chaque geste un pas de plus vers une société plus juste et plus solidaire.
Régis NGUDIE
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
