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RDC : Ce qu’il faut savoir sur les violents affrontements entre Téké et Yaka

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Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres forcées à se déplacer à cause des violents affrontements entre Téké et Yaka, dans le Sud-Ouest de la RDC.

Le territoire de Kwamouth, en province de Maï- Ndombe, enregistre des violents affrontements entre les communautés Téké et Yaka depuis le début du deuxième semestre 2022.

Des personnes armées se réclamant membres de ces tribus s’attaquent mutuellement à cause d’un conflit foncier de longue date.

Des témoins oculaires affirment que des jeunes ont barricadé certains axes routiers du territoire avec des check-points, à la recherche des membres de la tribu adverse.

Le nombre exact des morts n’est pas connu mais il s’estime à plusieurs dizaines.

« Il y a même des gens qui ont été décapités », signale une source onusienne.

*Qui sont les principaux protagonistes ?*

Les Téké sont établis sur les plateaux de sable qui s’étendent sur les deux rives du fleuve Congo depuis des décennies.

Ils ont réussi à mettre en place un système de gouvernance qui a ensuite été adopté par d’autres groupes.

Quant aux Yaka, aussi appelés Bayaka, ils sont arrivés sur les lieux peu après les Tékés.

Ce peuple d’agriculteurs cultive du manioc, de l’arachide, des ignames, etc. Il pratique aussi l’élevage de la volaille et du petit bétail.

Cependant, pour pouvoir exploiter les terres appartenant aux Téké, les Yaka doivent payer une redevance aux chefs coutumiers Tékés.

C’est un arrangement qui a permis aux deux communautés de cohabiter pacifiquement pendant des années.

*Pourquoi les deux communautés s’affrontent-elles ?*

Certains membres de la communauté Téké accusent les Yaka de refuser de payer la redevance coutumière depuis quelques temps.

« Ce n’est pas la première fois que cela arrive », affirme Joodel Ewere, un habitant du territoire de Kwamouth.

« Ceci crée souvent des tensions que nous avons l’habitude de résoudre par des voies diplomatiques, la négociation, et non les armes », renchérit-il.

Une délégation gouvernementale est descendue sur place pour tenter de comprendre ce qui se passe.

« Nous avons écouté toutes les couches de la population », a déclaré Rita Bola, gouverneure de la province de Maï-Ndombe et membre de la délégation gouvernementale.

Elle a expliqué à la BBC que la situation a dégénéré parce que les Téké craignent que les Yaka, qui vivent avec eux depuis plus de quarante ans, ne s’accaparent de leurs terres et ne les occupent.

La BBC a tenté joindre des membres de la communauté Yaka pour avoir leur réponse à ces accusations, mais sans succès.

En fin 2018, plus de 530 personnes ont été tués dans des violences intercommunautaires à Yumbi, un peu plus au Nord de Kwamouth.

*Quelles sont les conséquences de ces affrontements ?*

Rita Bola n’a pas donné de bilan officiel, mais les organisations locales estiment le nombre des morts à plusieurs dizaines.

Des enquêteurs du bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU travaillent actuellement sur les récents affrontements.

Le résultat de leur travail n’a pas encore été rendu public.

« Nous attendons le rapport final pour avoir un bilan réel », a déclaré Rita Bola, gouverneure de Maï-Ndombe.

« Il y a eu des maisons incendiées, les gens ont peur d’aller chercher de la nourriture dans la forêt par crainte d’y croiser des hommes armés », a-t-elle ajouté.

Selon un rapport du Programme National de Nutrition, les affrontements entre les communautés Téké et Yaka ont affecté négativement la production agricole dans la zone, entraînant une flambée des prix de denrées alimentaires de base.

Le bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires, UNOCHA, estime qu’environ 6 000 personnes ont été déplacées par le conflit depuis mi-août.

La plupart vivent dans des camps des déplacés où certains dorment à la belle étoile pendant que d’autres se construisent des abris de fortune.

L’ONG Médecins Sans Frontières, MSF, qui a déployé une équipe sur place affirme que les déplacés n’ont pas accès à l’eau potable, des abris adéquats, des soins de santé primaires ou même de la nourriture.

*Quelle réponse a été apportée à cette crise ?*

Le gouvernement congolais a renforcé la présence de l’armée dans la zone pour mettre fin aux violences intercommunautaires.

Certains présumés auteurs des attaques ont été arrêtés et transférés à Kinshasa, la capitale.

Mais avant cela, la présidence avait envoyé une équipe de chefs coutumiers originaires de la zone, faire une tournée dans la région et appeler la population au calme.

« J’ai apporté des vivres, de l’huile et des tôles aux déplacés, mais ce n’est pas suffisant », fait remarquer Rita Bola, gouverneure de la province de Maï-Ndombe.

De son côté, l’ONG MSF apporte une assistance médicale aux blessés des différentes communautés et réoriente les cas graves à Kinshasa pour des soins appropriés.

« On a ouvert une clinique mobile dans le site des déplacés avec une activité de prise en charge psychologique des victimes. Nous avons aussi des activités dans le domaine de l’eau, hygiène et assainissement », renseigne Alessandra Giudiceandrea, cheffe de mission de MSF en RDC.

Elle alerte sur l’absence d’acteurs humanitaires pouvant répondre aux besoins des déplacés. « Nous faisons de notre mieux pour les assister, mais ils n’ont pas que des besoins sanitaires », rappelle-t-elle.

« Nous continuons à plaider auprès d’autres acteurs humanitaires pour qu’ils viennent en aide aux populations », rassure Alessandra Giudiceandrea.

Pour la gouverneure de province, la présence des militaires aidera à sécuriser le territoire de Kwamouth et faciliter l’accès aux sites des déplacés.

Mais elle appelle la population à ne pas recourir à la violence.

« Nous devons vraiment arrêter. Quel que soit le problème, on ne devrait pas en arriver là. Si vous avez des membres de famille, envoyez-leur un message de paix », supplie-t-elle.

BBC

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Kasaï-Central : 150 policiers de la PNC élevés au rang de sous-officiers lors d’une cérémonie officielle à Dibaya

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Dans le territoire de Dibaya, au Kasaï-Central, la Police nationale congolaise (PNC) a procédé, le lundi 1er juin 2026, à la reconnaissance officielle des grades de 150 policiers récemment promus. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale d’élévation en grade des sous-officiers, visant à renforcer la motivation, la discipline et l’efficacité au sein des unités de police.

La cérémonie s’est tenue sur la Place de l’Indépendance, située dans le quartier Mitengu, à Tshimbulu, chef-lieu du territoire de Dibaya. L’événement a réuni les autorités policières locales, les agents concernés ainsi que les familles venues partager ce moment symbolique de reconnaissance et de valorisation du service rendu à la nation.

Au total, 150 policiers ont été élevés à différents grades, notamment ceux d’adjudant-chef, sous-commissaire, sous-commissaire adjoint, brigadier et agent de police. Cette promotion collective traduit la volonté de la hiérarchie policière de récompenser les efforts fournis sur le terrain dans l’accomplissement des missions de sécurité publique.

Prenant la parole, le commissaire de la police de Dibaya, Denis Mwamba, a salué cette vague de promotions qu’il a qualifiée de reconnaissance méritée du travail accompli par les agents. Il a souligné que cette élévation doit constituer un nouveau départ, marqué par davantage de rigueur et de responsabilité.

Il a, à cette occasion, exhorté les nouveaux promus à faire preuve de professionnalisme, de discipline et d’engagement constant au service de la population. Selon lui, ces valeurs demeurent essentielles pour renforcer la confiance entre la police et les citoyens, ainsi que pour garantir une meilleure sécurité dans le territoire.

Les bénéficiaires ont, de leur côté, exprimé leur gratitude envers la hiérarchie de la PNC et les autorités compétentes pour la confiance placée en eux. Ils ont réaffirmé leur engagement à servir avec loyauté et détermination, en vue d’assurer efficacement la protection des personnes et de leurs biens à Dibaya.

Mike Tyson Mukendi

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