Actualité
RDC–Burundi : Les Premières Dames unies aux côtés des déplacés congolais de Musenyi
La Première Dame de la République Démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, s’est rendue sur le site de Musenyi, dans la commune de Giharo, province de Rutana (Burundi), où vivent plus de 17.800 Congolais ayant fui les violences dans l’Est de la RDC. Elle était accompagnée de son homologue burundaise, Angeline Ndayishimiye.
Une visite empreinte de solidarité
Partie à l’aube de Bujumbura, la délégation congolaise a parcouru plus de 150 kilomètres par la route, bravant pluie et pistes difficiles, pour témoigner de sa solidarité avec ces populations déplacées, venues principalement de Uvira, Walungu, Bukavu, Sake, Kamanyola, Minova et Goma.
À leur arrivée sur le site, les Premières Dames ont été accueillies par des chants d’enfants en swahili et en kirundi, dans une ambiance fraternelle, malgré la précarité.
Un soutien humanitaire concret : 612 tonnes de vivres et produits essentiels
La Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi a procédé à la remise symbolique d’un important don humanitaire : Semoule de maïs, haricots, sucre, huile, soja, savon, kits hygiéniques, vêtements, pagnes, sandales, etc.
Ce don, destiné aux gestionnaires du site, vise à répondre aux besoins urgents d’une population particulièrement vulnérable : femmes à risques (38 %), enfants non accompagnés (31 %), et survivants de violences sexuelles (4 %).
Un moment de recueillement
La visite a également été marquée par un instant de silence en hommage à un enfant d’un an, décédé quelques heures avant l’arrivée de la délégation. Ce drame met en lumière l’urgence humanitaire sur le site.
Un message d’espoir et d’unité
Dans son allocution, la Première Dame de la RDC a déclaré : « Ces dons n’effaceront pas les blessures, mais ils incarnent une promesse : celle de ne jamais abandonner ceux qui souffrent. »
Elle a salué l’élan de solidarité du Burundi, affirmant : « L’histoire retiendra toujours la différence entre ceux qui détruisent et ceux qui protègent. Le peuple burundais a démontré, par ce geste, son amitié envers les Congolais. »
Cette visite renforce les liens fraternels entre les deux nations et rappelle qu’au-delà des frontières, la compassion reste un pont solide face à l’épreuve.
Tchèques BUKASA/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
