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RDC/Bukavu : un pasteur aux arrêts pour viol de 14 petits garçons !
Un pasteur de la ville de Bukavu ( Sud-Kivu) a été arrêté, le samedi 2 mai dernier par la police et transféré au parquet général, pour viol, par voie anale, de 14 petits garçons dont l’âge varie entre 8 et 14 ans.
Ce sont les parents de ces enfants qui ont alerté les services de l’ordre après une manifestation organisée le 26 avril 2020.
» J’ai constaté que mon enfant avait des douleurs anales. J’ai menée des investigations et il m’a avoué que ce pasteur l’avait connu par derrière. C’est vraiment décevant comme acte. Fort malheureusement, mon enfant n’est pas seul. Plusieurs autres ont subi le même sort… », témoigne en sanglots une mère de l’un ces enfants.
Une nouvelle qui a bouleversé tout le quartier. Des parents et certains enfants ont alerté sur ce violeur en série.
» Quand nous sommes arrivés dans sa maison, nous avons trouvé un calendrier des enfants. Ces 14 sont seulement ceux programmés en mars et avril. D’autres pourront s’ajouter… », indique une autre voisine.
Déjà le bourreau a été transféré au parquet, alors que la société civile a exprimé toute son émotion.
» Il est accusé d’avoir violé 14 mineurs, tous garçons, dans l’intervalle de mars en avril 2020. 8 sur 14 victimes, déjà auditionnés, affirment avoir subi une agression sexuelle par ce pasteur,selon leurs familles! Celui-ci était longtemps recherché par la justice suite à plusieurs dégâts commis », renseigne Hypocrate Marume, président de la société civile commune de Kadutu.
Cet activiste des droits de l’homme plaide pour qu’il y ait une audience foraine pour décourager pareils actes.
» Nous demandons la projection d’une audience en flagrance après confinement au cours de laquelle ce dernier va répondre publiquement et être condamné pour ses exacts commis. Il doit réparer les préjudices causés aux victimes !
Disons non à la mise en liberté provisoire de cet homme très dangereux dans la communauté », appuie Hypocrate Marume.
Ces enfants sont momentanément pris en charge par l’hôpital de Panzi spécialisé dans ce domaine. Les uns ont déjà reçu les kits appropriés aux victimes des viols.
Shukuru Ntwali/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
