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RDC : Au chevet de la victime des violences policières à Ngaba, la ministre Léonnie Kandolo invite tous les Congolais au respect de la dignité humaine
La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Léonnie Kandolo Omoyi, s’est rendue, ce mardi 21 janvier, à l’hôpital de référence « Mère et Enfant » de Ngaba pour apporter son soutien à Mme Régine Musuamba, victime d’un sévère passage à tabac par un commandant de la police, au poste « Mbata », dans le quartier Mateba.
Cette situation tragique a été signalée le lundi 20 janvier par le conseiller municipal Willy Leyiba, alertant la ministre sur les violences infligées à Mme Musuamba, âgée de 27 ans et mère de trois enfants.
Selon les informations reçues, la victime aurait été battue après une dispute avec la concubine du commandant de police. Un incident qui a conduit la victime à être hospitalisée dans un état grave.
Accompagnée de plusieurs personnalités, dont la secrétaire générale au Genre, Mme Esther Kamuanya, le bourgmestre de la commune de Ngaba, Aimé Francis Lolinga, le député provincial élu de Ngaba, Mon Plaisir Bolokole, et le directeur général de l’hôpital Moke Manda Hervé, la ministre a pris le temps d’échanger avec la victime durant près d’une heure, pour lui apporter réconfort et soutien.
« Le président de la République et la Première ministre œuvrent chaque jour pour le bien-être des femmes. Il est totalement inacceptable qu’un membre des forces de l’ordre ternisse l’image de la police congolaise en commettant de tels actes de violence. Nous ne pouvons tolérer de tels comportements », a déclaré la ministre à la suite de sa visite.
Léonnie Kandolo Omoyi a également réitéré sa demande aux autorités judiciaires pour un traitement rigoureux et transparent de ce dossier, afin que justice soit rendue à la victime et que des mesures soient prises pour éviter de tels incidents à l’avenir.
Elle a exprimé son engagement à poursuivre la lutte pour la protection des droits des femmes et des enfants en République démocratique du Congo, soulignant que chaque citoyen, y compris les membres des forces de l’ordre, doit respecter la dignité humaine et agir dans le respect des lois.
Ce drame met en lumière la nécessité de renforcer la discipline au sein des forces de l’ordre et de garantir la sécurité et la protection des citoyens, notamment les femmes et les enfants, victimes de violences.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
