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RDC : Après 2h30 d’audition au CSAC, Koffi Olomide reconnaît de distiller désormais ses propos avec plus de « diplomatie… »

Attendu le vendredi 12 juillet au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication(CSAC), le chanteur Koffi Olomide s’est plutôt présenté ce jeudi 11 juillet 2024. « J’ai été invité vendredi 12 juillet, mais j’ai sollicité que ça soit aujourd’hui. J’avais hâte de venir au Csac. La séance était plus pédagogique qu’autre chose. J’ai retenu que le chanteur Koffi Olomide est aussi l’ambassadeur de la culture. Et à ce titre, je devrai distiller des propos avec beaucoup plus de diplomatie, même si ce que je dis est vrai et fondé… », a dit le chanteur qui a bénéficié du soutien de sa fille Minou « Miss Univers » présente au Csac et de son ami Sam Mpengo Mbey.

Au volant de sa Mercedes 4×4 de couleur blanche, le célèbre chanteur congolais a répondu effectivement à l’invitation du Csac, suite à ses propos tenus samedi 6 juillet dernier lors de l’émission « Le Panier » présentée par Jessy Kabasele à la Radio télévision nationale congolaise (Rtnc), à propos de la guerre à l’Est de la République démocratique du Congo.

De 10h00 à 12h30′, le patron du groupe Quartier Latin a présenté ses moyens de défense au secrétariat d’instruction du Csac.

Visage figé au départ, le « Rambo » a quitté le bâtiment abritant le Csac avec un profil requinqué.

Censure de liberté d’expression ?

Pour une certaine opinion, le CSAC qui est un organe de régulation des médias semble dépasser son rôle au point de devenir la police de la pensée. «  Ce qui est une régression extrêmement grave pour la RDC », indique un observateur estimant qu’une déclaration simple du chanteur est devenue explosive pour les autorités congolaises.

Critiquant le geste, devenu célèbre des doigts sur la trempe et sur la bouche, adopté par les officiels congolais et qui a fait le tour du monde pour signifier que l’on tue les congolais dans l’indifférence de la communauté internationale, pour Koffi Olomide, c’est la faute aux Congolais qui ont érigé Paul Kagame en « superstar ». « La RDC est un grand pays qui doit pouvoir se défendre au lieu de pleurnicher », a-t-il déclaré à la chaîne nationale.

Certains analystes indépendants estiment que la RDC étant une grande nation, elle ne doit pas ériger « la démocratie de la pensée unique » comme seule alternative accordée par les autorités au peuple congolais pour s’exprimer. Elle est un obstacle à la diversité d’opinions. Sa montée pose un défi majeur à la liberté d’expression et à la pluralité des idées. Sous l’ombre de la censure et de la répression, la diversité des opinions est menacée, mettant en péril les fondements démocratiques du pays.

Le contrôle exercé par le CSAC sur les médias et les discours publics limite la liberté des citoyens à s’exprimer et à critiquer le statu quo. La suspension de Jessy Kabasele en réaction aux propos de Quadra Koraman illustre la tendance inquiétante à réprimer toute voix discordante. La notion de « pensée unique » imposée par les autorités réduit la sphère publique à un espace restreint où seules les opinions conformes au discours officiel sont tolérées.

Cette uniformité de pensée étouffe la créativité, empêche le débat d’idées et entrave le progrès social et politique. En instaurant une culture de la peur et de l’autocensure, la démocratie de la pensée unique en RDC entrave le développement d’une société civique et engagée. Les citoyens ne doivent pas être privés de leur droit fondamental à la libre expression et à la critique constructive.

Ce qui nuit à la vitalité démocratique du pays. Il est impératif que les autorités congolaises reconnaissent et respectent la diversité des opinions et des perspectives au sein de la société. La démocratie véritable ne peut prospérer que dans un environnement où la liberté d’expression est garantie et où la contestation est acceptée comme un moteur du progrès.

En défiant la pensée unique imposée, les citoyens congolais peuvent contribuer à forger une société plus ouverte, inclusive et démocratique. Il est temps de briser les chaînes de la censure et de la répression pour permettre l’émergence d’une véritable diversité d’opinions et de visions pour l’avenir de la RDC.

Tchèques Bukasa & Teddy Mfitu/CONGOPROFOND.NET