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RDC : activer la diplomatie environnementale dans le cadre de l’Action climatique (Une tribune de Alain P. Ntalabulu, Consultant en gouvernance climatique)

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Après son passage au forum One Planet Summit le 08 mars 2019 à Nairobi (Kenya), au forum sur l’alliance des forêts tropicales le 24 septembre 2019 en marge de l’assemblée générale des Nations unies sur l’action climatique, les nobles ambitions du Président Félix Tshisekedi sur la lutte contre le réchauffement climatique se dessinent.

“Année de l’action” telle que décrétée par lui-même lors de son discours sur l’état de la Nation, le 13 décembre 2019 devant les deux chambres réunies du Parlement, l’actuel Président de la RDC a rappelé que « la position géographique de notre pays, son énorme potentiel énergétique et environnemental nous place au centre des enjeux de notre temps. Et d’affirmer désormais que « nous devons jouer le rôle qui est le nôtre dans la stratégie mondiale de lutte contre le réchauffement climatique ». Ceci est d’autant plus vrai que pour y parvenir, il faudra désormais activer la diplomatie environnementale, si et seulement si, la RDC veut être au centre des enjeux du réchauffement climatique.

Qu’est-donc la diplomatie environnementale internationale ? Comment la RDC peut-elle l’activer ?

En effet, elle est récente comparée à d’autres, puisqu’elle ne s’officialise que durant les années 1970. Pourtant, elle se démarque très tôt par un dynamisme exemplaire et soutenu au cours du temps. L’on recense déjà 747 accords multilatéraux d’environnements. À ceux-ci s’ajoutent de nouveaux accords adoptés régulièrement par les États, comme la Convention de Minamata sur le mercure de 2013 visant à réduire les effets nocifs du mercure, ou l’Accord de Paris de 2015 de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui a pour objectif, entre autres, de limiter les changements climatiques et leurs effets.

Portés par ce dynamisme, certains événements de la diplomatie environnementale ont pris une ampleur vertigineuse. Par exemple, 25 903 participants ont pris part à la COP 22 de la CCNUCC à Marrakech en décembre 2016. Près d’un quart étaient notamment des observateurs non étatiques.

A priori, la diplomatie environnementale se comprend comme une diplomatie qui traite uniquement de questions d’environnement.

En pratique pourtant, la diplomatie environnementale côtoie régulièrement beaucoup d’autres thématiques comme les questions commerciales (commerce des espèces protégées par exemple), de propriété intellectuelle (droit des populations indigènes et locales concernant l’usage des ressources génétiques naturelles), énergétiques (atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, utilisation des biocarburants), de santé (impacts sur la santé de la consommation d’organismes génétiquement modifiés-OGM), et même de sécurité (conséquences du réchauffement climatique sur les migrations transnationales).

Comprise initialement par les décideurs selon la première acception, la diplomatie environnementale a été longtemps jugée secondaire aux yeux des gouvernements. Cette mise à l’écart lui a permis de bénéficier d’une plus grande liberté. Elle a ainsi développé des particularités qui expliquent son dynamisme actuel, particularités que cette réflexion nourrie pour la RDC.

*Activer la diplomatie environnementale : pistes et stratégies de la RDC*

Après son passage au forum One Planet Summit le 08 mars 2019 à Nairobi (Kenya), au forum sur l’alliance des forêts tropicales le 24 septembre 2019 en marge de l’assemblée générale des Nations unies sur l’action climatique, les nobles ambitions du Président Félix Tshisekedi sur la lutte contre le réchauffement climatique se dessinent.

Il est, en effet, question maintenant pour nous d’accompagner cette vision, de mettre en place une politique internationale sur le climat et démarrer un processus de transition vers une économie verte en RDC, basée sur une gestion durable de l’environnement et un développement à faible intensité carbone et résilient au changement climatique en RDC.

Dans la mise en œuvre de cette vision, la RDC offrira donc des solutions attendues à cause de son potentiel forestier. La forêt de la RDC s’étend sur une superficie de 154 millions d’hectares et couvre plus de 60% des forêts du bassin du Congo.

Des récentes études ont montré que les tourbières dans la forêt du Congo-Kinshasa s’étendent sur 145.500 km2 et stockent quelque 30 milliards de tonnes de carbone. Cette étendue est l’équivalent de 3 ans d’émissions de combustibles fossiles dans le monde.

Repartie en piliers stratégiques, cette diplomatie environnementale va coordonner les négociations internationales sur les changements climatiques, notamment sur le financement REDD+, la protection des forêts, la promotion de l’afforestation/reforestation, de l’exploitation durable du bois d’œuvre, de la conservation de la biodiversité, de l’assainissement et de la lutte contre la pollution.

Toutes ces questions seraient désormais au menu des discussions de toute l’action diplomatique avec les pays amis. En fait, la RDC aura ainsi le mandat de repenser la participation des pays les moins avancés dans ce débat international en y jouant exactement son rôle et influençant la prise de décision au niveau sous-régional et international.

Avec la création  d’une agence de transition écologique et de développement durable annoncée au cours de la 9ème réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue vendredi 8 novembre 2019, il est important de construire une telle diplomatie. Et cela passe absolument par la mise en place d’une politique internationale clairement définie sur le climat en y intégrant ses interactions avec les autres secteurs de la vie nationale.

Alain P. Ntalabulu (Consultant en gouvernance climatique)

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