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RDC: Accusé, le Rwanda nie toute implication dans la réorganisation du M23
Convoqué par le Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, ce mardi 29 mars 2022 à Kinshasa, l’ambassadeur du Rwanda en République démocratique du Congo a été entendu.
Au sortir de ces échanges, Vincent Karega a dit avoir fait savoir à Christophe Lutundula Apala, vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, que toutes les allégations portées contre son pays sur un probable soutien à la rébellion du M23 sont pur mensonge. Selon lui, se basant sur la position du son gouvernement, le Rwanda « ne soutient ni politiquement ni militairement le M23 ».
Il dit avoir réaffirmé l’engagement auprès du ministre Lutundula « pour vérification et coopération conjointes par rapport aux allégations en cours ».
Vincent Karega a également réitéré le soutien de son pays à l’accord-cadre d’ Addis-Abeba.
Notons que cette convocation fait suite aux accrochages de ce lundi 28 mars 2022 entre les armées congolaises et les présumés rebelles du M23. Une situation qui a terrifié les civils dans la contrée de Rusthuru. Ceux-ci ont vidé leurs milieux de vie craignant d’être victimes collatérales de ces accrochages.
Pendant ce temps, l’armée régulière a, dans une communication la soirée de même lundi, annoncé avoir maîtrisé deux parmi les assaillants, tous étant militaires de nationalité rwandaise.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
