À la Une
RDC : À moins de 10 jours des élections, La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme dénonce les violences
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a dans un communiqué parvenu à la rédaction de CONGOPROFOND.NET exprimé sa grande inquiétude face aux violences perpétrées cette semaine contre des partisans de l’opposition dans au moins trois provinces de la République démocratique du Congo (RDC) à moins de 10 jours des élections générales.
« Je suis profondément préoccupée par les informations faisant état d’un usage excessif de la force, y compris de balles réelles, par les forces de sécurité contre les rassemblements de l’opposition » a dit Michelle Bachelet.
À seulement quelques jours des élections cruciales qui se tiendront en République démocratique du Congo, poursuit-elle, il est primordial que les autorités veillent à ce que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient pleinement protégés et qu’elles prennent toutes les mesures possibles pour prévenir les actes de violence ».
Aussi, a-t-elle insisté sur le droit de tous les candidats d’être « en mesure de tenir des réunions et des rassemblements pour faire campagne en faveur de leur élection ».
Par la même occasion, Madame la Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a indiqué qu’au moins trois hommes ont été tués mardi et plusieurs autres blessés après que la police aurait tiré à balles réelles contre un rassemblement de l’opposition à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Le convoi du candidat Martin Fayulu aurait également été attaqué par la police. Au cours des affrontements qui ont suivi entre partisans de différents partis, sept véhicules, dont un appartenant à la Police nationale congolaise, ont été détruits et le bureau du procureur a été incendié.
En outre, la cheffe du HCDH s’est dite alarmée par les informations faisant état de l’ingérence de groupes armés dans les campagnes électorales.
Des menaces ont été proférées contre des partisans de plusieurs partis politiques, notamment ceux appartenant à la majorité présidentielle, en particulier au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Des partisans de l’opposition auraient également perturbé les réunions de campagne organisées par les candidats de la majorité présidentielle dans les provinces du Kwilu et du Kasaï.
Mme Bachelet conclût ses propos tout en dénonçant l’utilisation de discours incendiaires par les dirigeants politiques.
Dans un environnement électoral déjà tendu, Elle a exhorté le gouvernement à faire clairement comprendre que les menaces et la violence contre les opposants politiques ne seront pas tolérées. Tout en demandant aux autorités de veiller à ce que ces incidents fassent rapidement l’objet d’une enquête et à ce que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique conditions essentielles pour assurer la crédibilité des élections soient pleinement protégés.
MUAKAMU/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Meurtre du policier “Me Bic Rouge” : Le ministère public requiert la peine de mort contre le militaire Kaseba Katembwe
L’audience publique dans l’affaire du meurtre du policier Mumposa Ngetadidi Joslain, alias « Me Bic Rouge », s’est poursuivie ce vendredi 13 mars 2026. Le principal prévenu, Kaseba Katembwe, militaire de la Garde républicaine, continue de rejeter toute responsabilité dans ce drame.
À la barre, le prévenu a de nouveau déclaré ne jamais avoir connu la victime de son vivant. Il affirme également ne s’être jamais rendu à l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise et nie catégoriquement toute implication dans la mort du policier.

Le ministère public évoque des témoignages accablants
De son côté, le ministère public soutient que les éléments de l’enquête contredisent la version du militaire. Selon les renseignements recueillis, un témoin cité dans le dossier, Manituka, affirme que Kaseba Katembwe et Itani Félicien se trouvaient bel et bien au poste de police Révolution au moment des faits.
Toujours selon l’accusation, les deux hommes auraient ouvert le feu sur le policier Ngetadidi Joslain, qui a succombé à ses blessures. Le corps de la victime se trouve toujours à la morgue en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au samedi 14 février 2026, une date qui reste gravée comme un jour de deuil pour la famille de la victime.
Policier en service, Mumposa Ngetadidi Joslain, surnommé Me Bic Rouge, a été mortellement atteint par balle lors d’une intervention qui semblait pourtant ordinaire.
D’après les témoignages recueillis par la famille, le policier aurait été abattu par un militaire de la Garde républicaine.
Une tentative d’extraction forcée au cœur de l’affaire

Selon les premières reconstitutions des faits, tout serait parti de l’arrestation d’un jeune homme présenté comme Kuluna, soupçonné du vol d’une moto. Peu après son interpellation, son frère ( un militaire) se serait présenté au poste de police accompagné d’autres soldats armés afin d’exiger sa libération.
La situation aurait rapidement dégénéré en vive altercation entre les militaires et le policier Mumposa Ngetadidi Joslain, qui était alors en service au poste de police Révolution.
C’est au cours de cette dispute que l’un des militaires aurait fait usage de son arme, tirant à bout portant sur le policier, qui s’est effondré grièvement blessé.
La peine capitale requise, verdict attendu
Au regard de la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de mort contre Kaseba Katembwe, ainsi que contre les membres présumés de son groupe, notamment Manituka Ditumene et Tambwe Kasongo.
L’audience ayant été renvoyée, le tribunal devra poursuivre l’examen du dossier afin d’établir les responsabilités dans ce drame qui a profondément choqué l’opinion à Kinshasa. La famille de la victime, quant à elle, continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du policier Me Bic Rouge.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
