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RAM : Yves Mpunga propose des mesures d’assouplissement

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Yves Mpunga a apporté son soutien au Registre des appareils mobiles (RAM) dont l’instauration a suscité des vives polémiques en République Démocratique du Congo. Candidat numéro 17 à la présidentielle de 2018, Yves Mpunga estime que le RAM joue un rôle très important dans le développement de toute nation.

« Le RAM est important dans le processus de développement d’une nation. C’est un système qui permet à un État, de créer un pont entre les opérateurs économiques privés (dont Orange, Vodacom, Airtel, Africell en RDC) qui investissent dans le secteur de la communication, et les utilisateurs (citoyens ou peuple congolais pour le cas de la RDC). Ces opérateurs de la téléphonie mobile ne peuvent pas directement dépendre de l’État congolais. Raison pour laquelle, il est important d’instaurer un système au milieu pour contrôler, et les opérateurs et les utilisateurs », a-t-il soutenu.

Cet expert en sécurité Internet s’appuie sur le cas des États-Unis d’Amérique où le RAM est même internecté aux services de sécurité et leur permettent de recueillir plusieurs informations. « Aux États-Unis, lorsque vous faîtes le 911, ce numéro est connecté à la Police et d’autres services de sécurité. C’est à travers ce code qu’ils arrivent à identifier les appels et venir au secours des citoyens américains en danger (les hôpitaux, l’armée et d’autres civils, etc.]) », révèle t-il.

L’ancien Professeur de l’Université Catholique d’Angola fait savoir que le RAM est un dispositif incontournable dans la sécurisation des civils. Ce système est d’une grande importance à l’État congolais, surtout pendant cette période de l’État de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri », déclare t-il.

« (…) Le RAM est toujours lié aux services de sécurité, à travers un dispositif de secours d’urgence. Au moment où la RDC a décrété l’État de siège, l’Armée peut décider de boucler un territoire dans la région de Beni et arriver à contrôler tous les appels émis dans cette partie de la province du Nord-Kivu pour enfin identifier l’ennemi. Tout ça, relève du domaine de la sécurité », fait-il savoir.

 

Mesures d’assouplissement de la redevance RAM

Dans sa réflexion, ce chercheur en technologie Web à l’université UTAD au Portugal atteste que le prélèvement de la redevance RAM peut se faire sans même que les bénéficiaires de ce service ne le remarque. L’ancien candidat Président de la République regrette même le tollé que cela a suscité en RDC.

« Le RAM peut se faire financer de deux ou trois manières. L’État ne pouvait même pas faire toute la publicité comme il l’a fait sur le mode de prélèvement de la redevance RAM. (…) Si tout le monde parle du RAM aujourd’hui, jusqu’à en vouloir aux responsables des Postes, Télécoms, Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (Ptntic) et de l’Autorité de Régulation de la Poste et de Télécommunications (Arptc), c’est puisqu’ils sont mal entourés. Je regrette pourquoi ces autorités sont en train de mentir sur les affaires de l’État. Qui vous a dit que le RAM en Turquie ou ailleurs coûte plus cher qu’en RDC? », s’étonne cet acteur politique.

Et de poursuivre : « L’État congolais ne devrait pas facturer le RAM en retranchant les unités non encore utilisées des abonnés. Par contre, l’État pouvait prélever cette redevance, à travers les unités activées, mais au moment où l’utilisateur est en train d’effectuer des appels téléphoniques. Par exemple, pour un utilisateur qui recharge son compte de 10 USD, supposons qu’il a activé ses unités et pendant qu’il effectue un appel, vous lui retirez 1 ou 2%. Sans même le sentir, ni le savoir, lui croira que ce pourcentage qui peut représenter 10, 20, 30 secondes a été consommé par son appel, alors que c’est le RAM qui le lui a prélevé. Ce mode de prélèvement se fait ailleurs ».

Yves Mpunga appelle le Ministre des Ptntic, Augustin Kibassa Maliba, et son collègue du Numérique, Désiré Cashemir Kolongele Eberande, chacun en ce qui le concerne, « à se rattraper », en défendant « valablement » ce service qu’il juge important pour le développement de la RDC.

 

Petit Ben Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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