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Ralliement explosif à l’AFC/M23 : Un proche de Joseph Kabila franchit le Rubicon et ravive les soupçons

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C’est un énième ralliement d’un proche de Joseph Kabila à l’AFC/M23 qui défraye la chronique, dans le sillage des cas très commentés d’Henri Magie et de Yannick Tshisola. La toile s’est enflammée le 11 février 2025 après l’annonce faite par Me Don Deo Midagu sur ses réseaux sociaux de son adhésion au mouvement rebelle AFC/M23, dirigé par Corneille Nangaa, où il occupe désormais les fonctions de conseiller spécial chargé des Mines, de l’Énergie et des Hydrocarbures.

Avocat spécialisé en droit minier et des carrières, membre discret du PPRD et beau-frère de Joseph Kabila selon plusieurs sources, Me Midagu a longtemps été présenté comme conseiller juridique et argentier officieux du parc de la Nsele « Kingakati », propriété emblématique de l’ex-famille présidentielle. Resté jusque-là en retrait de la scène politique nationale, il s’est progressivement illustré par des interventions médiatiques de plus en plus critiques à l’égard du régime du président Félix Tshisekedi, avant de franchir le pas d’une rupture ouverte avec Kinshasa en rejoignant l’AFC/M23.

Cette annonce vient une fois de plus conforter les soupçons de la majorité présidentielle et de certains services de l’État quant à une possible implication de Joseph Kabila et de plusieurs membres ou alliés du PPRD dans des dynamiques de déstabilisation interne. Dans le discours officiel, chaque nouvelle défection d’une personnalité réputée proche de l’ancien chef de l’État vers le camp de Corneille Nangaa alimente l’idée d’un « front Kabila » discret mais déterminé derrière la rébellion.

Depuis les révélations de l’enquête internationale « Congo Hold Up », menée notamment par la BBC et le consortium PPLAAF, les services spécialisés scrutent avec attention les flux financiers liés à l’entourage de Joseph Kabila. Une enquête interne, régulièrement évoquée dans les milieux sécuritaires, porterait sur les actifs financiers de l’ancien président et de ses proches, en lien possible avec le financement des activités politico-militaires de l’AFC/M23. Plusieurs institutions bancaires de la place, dont BGFI Bank (déjà citée dans les fuites « Congo Hold Up » ) ainsi que Equity BCDC, se retrouveraient dans le collimateur, soupçonnées de continuer à servir les intérêts d’un noyau dur du clan Kabila, au risque de s’exposer à de potentielles sanctions.

Sur le terrain, le timing de cette adhésion n’est pas anodin. Au début de l’année 2025, l’AFC/M23 consolide son contrôle sur une large partie du Nord-Kivu, notamment avec la prise de Goma et l’installation de Corneille Nangaa dans l’ancien gouvernorat provincial, symbole fort de la présence de l’État central. Le mouvement cherche à se doter d’une vitrine politique et technocratique, en s’entourant de juristes, d’économistes et de spécialistes du secteur extractif afin de crédibiliser son projet de « refondation de l’État ». Dans cette logique, le profil de Me Midagu, rompu aux enjeux miniers, apparaît comme un atout stratégique pour une rébellion qui contrôle ( ou convoite ) plusieurs zones riches en ressources naturelles dans l’Est du pays.
Parallèlement, l’opinion observe avec attention la fracture au sein même de la famille Midagu. Tandis que Don Deo choisit le camp de l’AFC/M23, son frère jumeau Brandon Midagu s’est publiquement désolidarisé de cette décision, réaffirmant son soutien aux institutions issues des urnes. Cette rupture familiale, largement relayée sur les réseaux sociaux, illustre la polarisation extrême de la scène politique congolaise, où les choix d’allégeance dépassent désormais le cadre des partis pour s’inviter au cœur des familles.

Pour certains observateurs, l’exil et les prises de position récentes de Me Midagu (présenté de longue date comme l’un des gestionnaires financiers influents de la galaxie Kabila ) confirment que l’étau se resserre autour de Joseph Kabila et de ses proches. D’autres y voient plutôt un repositionnement personnel et opportuniste dans un rapport de forces en pleine mutation à l’Est du pays, au risque d’alimenter davantage les tensions entre le pouvoir central de Kinshasa et la nébuleuse politico-militaire gravitant autour de l’AFC/M23 et de ses soutiens régionaux.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

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L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

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