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Raffineurs et distributeurs africains : Tracer la voie à suivre pour mettre en œuvre un plan africain unique et durable de transition énergétique et de financement en aval
L’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA) se réunit au Cap en avril pour discuter des questions clés de l’industrie et identifier des solutions de financement pour des projets d’infrastructure durables.

Le Dr Mustapha Abdul-Hamid, Président de l’ARDA et Directeur Général de la National Petroleum Authority (NPA) du Ghana, souligne le rôle essentiel que jouera le secteur africain en aval pour répondre aux besoins énergétiques futurs du continent : « Alors que l’énorme raffinerie de Dangote au Nigeria et la raffinerie de Sentuo au Ghana sont entrées en service récemment, les importantes demandes énergétiques futures de l’Afrique nécessiteront des investissements majeurs dans l’ensemble de la chaîne de valeur en aval pour fournir des carburants plus propres et de la valeur ajoutée produits pétroliers à notre population croissante. Les projets de modernisation des infrastructures et d’amélioration de l’efficacité logistique doivent être poursuivis parallèlement aux initiatives en matière de carburants et de véhicules plus propres. À ce titre, l’ARDA est prête à collaborer avec ses partenaires clés tels que l’OPEP, l’APPO et la Commission de l’Union africaine, ainsi qu’avec d’autres parties prenantes, afin de développer une industrie pétrolière et gazière robuste et intra-africaine, soutenue par des solutions de financement innovantes telles que la Banque Africaine de l’Energie, qui devrait prendre son envol plus tard cette année ».
Anibor Kragha, Secrétaire Exécutif de l’ARDA, continue de promouvoir un Plan africain de transition énergétique en aval ciblé et unique, soutenu par des solutions de financement innovantes qui seront présentées lors du tout premier Forum d’investissement de l’ARDA : « L’Afrique doit être très intentionnelle alors que nous suivons une stratégie coordonnée pour exécuter des projets d’infrastructures énergétiques bancables axés sur l’équilibre entre les exigences de sécurité énergétique de notre continent et le programme mondial de transition énergétique ».

Notre premier Forum d’investissement de l’ARDA se concentrera sur l’élaboration des meilleures pratiques clés – des cadres réglementaires robustes pour soutenir les investissements, une préparation efficace des projets pour déterminer la portée, le coût et le calendrier des projets économiques, le respect des exigences ESG critiques et les objectifs ciblés de développement des capacités humaines – sont mis en place pour attirer les solutions de financement de projets nécessaires pour garantir que les investissements sont réalisés comme prévu pour mettre en œuvre le Plan de transition énergétique de l’Afrique. Nous devons exploiter nos ressources humaines et minérales essentielles pour cibler les réserves de capitaux essentielles afin d’éradiquer la pauvreté énergétique et de libérer l’énergie plus propre nécessaire pour permettre la transition du continent vers une économie à faibles émissions de carbone.

Lors de la conférence, les sessions discuteront des défis et des opportunités panafricains :
- Après la COP 28 : Assurer une industrie pétrolière et gazière intra-africaine coordonnée et robuste parallèlement à la mise en œuvre des aspirations en matière de transition énergétique.
- L’avenir des carburants plus propres en Afrique – GPL, biocarburants, hydrogène, etc.
- Placer les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) au premier plan
- L’impératif technologique – Des innovations pour stimuler la transition énergétique en Afrique
- Initiative des marchés africains du carbone (ACMI) – Le rôle de l’aval africain

L’ARDA WEEK 2024 se tiendra en présentiel du 22 au 26 avril 2024 au Century City Conference Centre, au Cap, en Afrique du Sud.
L’ARDA a été créée en 2006 pour donner une voix panafricaine à l’industrie africaine de l’approvisionnement, du raffinage et de la distribution du pétrole. L’ARDA représente non seulement les raffineurs, mais aussi de nombreux importateurs de produits, sociétés de stockage, commerçants et organismes de réglementation gouvernementaux. Pour plus de détails, consultez le site www.arda.africa ou contactez l’ARDA au info@afrra.org
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
