À la Une
Qui a désarmé le parc de Kahuzi-Biega ? L’enquête que personne ne mène
Il était une fois, sur l’avenue Tanganyika, à Bukavu, un dépôt d’armes. Il ne contenait pas de quoi renverser un gouvernement, mais juste assez de fusils pour permettre à des femmes et des hommes et de protéger l’un des trésors les plus précieux de l’humanité : le parc national de Kahuzi-Biega. Ce jeudi 26 février 2026, ce dépôt a été vidé.
Vidé, méthodiquement, par le RDF/M23. Et aujourd’hui, une question obsédante flotte sur les rives du lac Kivu, portée par un vent d’impunité : qui va demander des comptes ? Pendant que les éco-gardes, désarmés, regardent leurs collines depuis la ville, le braconnier industriel peut préparer ses camions. Pendant que les gorilles de Grauer vaquent à leurs occupations dans la forêt, sans le savoir, leur bouclier vient de tomber.
Mais la nuisance ne s’arrête pas à la porte du parc. À quelques kilomètres, au sanctuaire de Lwiro, où l’on panse les plaies des singes orphelins, le RDF/M23 a posé ses sacs de sable et installé une position militaire. Un centre de réhabilitation transformé en cantonnement. Une injure faite à la science, une gifle à la biodiversité. Nous sommes en droit de nous demander : quel était le but réel de cette opération chirurgicale sur des cibles civiles et environnementales ?
Alors que la communauté internationale scrute les rapports de l’UNESCO et que les ONG rédigent des notes de protestation qui finiront dans des tiroirs poussiéreux, sur le terrain, la nature est prise en otage. Le parc est désormais une proie facile, et le sanctuaire, une position stratégique. Qui a ordonné cette rafle ? Pourquoi ces cibles précises, loin des lignes de front conventionnelles ?
Le silence assourdissant des chancelleries face au pillage de notre patrimoine commun est une question qui, elle, mérite une réponse. Et vite. Avant que les gorilles ne soient les prochains à être déplacés.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical
Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.
« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Une nouvelle classe politique pour la RDC
Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.
Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.
Le rôle central des citoyens
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.
Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».
Une vision pour l’avenir du pays
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.
L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
