Actualité
Projet « Grand Inga »: la CORAP fustige l’exclusion de la Société Civile dans la conférence technique virtuelle
Dans une déclaration parvenue à CONGOPROFOND.NET, des organisations membres de la Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et l’Action Publique, CORAP en sigle, affirment avoir analysé le contexte du secteur de l’électricité dominé par le dossier Inga qui a motivé l’organisation de la Conférence panafricaine sur le Grand Inga et l’hydroélectricité en République Démocratique du Congo.
De cette analyse, il ressort les éléments suivants :
1. La CORAP prend acte de l’organisation de la conférence panafricaine sur le Grand
Inga et l’hydroélectricité en République Démocratique du Congo par le Gouvernement avec les experts de plusieurs pays d’Afrique et du monde ;
2. Elle salue l’initiative du Chef de l’Etat congolais d’organiser une importante activité à l’échelle régionale et internationale sur l’hydroélectricité en RDC, qui vise la promotion du potentiel énergétique congolais ;
3. Elle note cependant que le thème de la conférence a eu son focus sur l’hydroélectricité et spécifiquement sur le projet Grand Inga, qui vise essentiellement l’électrification de l’Afrique et non de la RDC en priorité1
;
4. La CORAP constate à cet effet, que le Gouvernement organise d’importantes assises pour viser la satisfaction de la demande énergétique africaine en priorité,
alors que plus de 90% des populations congolaises n’ont pas accès à l’électricité ;
5. Elle fustige, en outre, l’exclusion manifeste de la Société Civile dans cette conférence technique virtuelle alors qu’elle est une partie prenante dans le domaine processus. Et cela en dépit du fait qu’elle a sollicité officiellement d’y prendre part.
Des constats sus-évoqués, la CORAP recommande au Président de la République :
– D’impliquer toutes les parties prenantes au Projet, y compris les communautés locales et les Organisations de la Société Civile spécialisées sur le secteur de l’énergie, à la préparation, à la réalisation, au suivi et évaluation de cette conférence ;
– De faire attention au projet Grand Inga qui peut être porteur de grands impacts négatifs sur l’environnement, le social et même l’économie que des effets bénéfiques
pour le pays ;
– De se préoccuper, en priorité, de l’accès de plus de 90% de populations congolaises à l’énergie lequel passe, entre autres, par une approche décentralisée qui s’appuie sur
le développement de 60 GW de potentiel hydroélectrique et de l’énergie solaire repartis sur l’ensemble du pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
