À la Une
Prix Lucien Tshimpumpu 2019: 2 webjournalistes à l’honneur (communiqué MILRDC)
À l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, le Prix Lucien Tshimpumpu, décerné chaque année aux journalistes qui se sont distingués dans l’exercice de leur métier, a primé deux webjournalistes dont les médias sont membres de l’Association des médias d’informations en ligne en RDC, MILRDC ASBL, sur les 3 prix en compétition.
MILRDC ASBL ressent une immense fierté et adresse ses chaleureuses félicitations à Christiane Ekambo de journaldesnations.net et à Élysée Odia de 7SUR7.CD.
Deux années auparavant, c’est trois journalistes de ACTUALITE.CD qui avaient été primés : Rachel Kitsita, Sosthène Kambidi et Patient Ligodi.
MILRDC va perpétuer cette tradition d’excellence en étant exigeant envers ses sociétaires.
Ceux-ci doivent impérativement observer notamment le code de déontologie et d’éthique du journaliste congolais.
MILRDC ASBL profite de cette occasion pour interpeller les autorités publiques à promouvoir la liberté de la presse en favorisant notamment la viabilité des médias, en modernisant le cadre légal, en assurant la sécurité physique des journalistes et en leur facilitant l’accès aux sources d’informations.
Pour MILRDC, ce sont là quelques préalables qui, une fois remplis, assureront une indépendance éditoriale aux médias, gage d’un Etat de droit et de la vitalité de la démocratie au bénéfice de l’humain.
Fait à Kinshasa, le 3 mai 2019
Président MILRDC ASBL Israël Mutala
CONGOPROFOND.NET
À la Une
IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
