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Culture

Prix littéraires en RDC : Pat le Gourou dénonce la complaisance et réclame la transparence des jurys

Au lendemain de la controverse autour de « La Maison aux murs blessés », ouvrage de Joyeux Ngoma Mbumba passé au crible de la rubrique « Le Diagnostic » de la Clinique Littéraire de Kinshasa (CLK), le poète et nouvelliste Pat le Gourou, aujourd’hui connu sous le nom d’Otul, interpelle les organisateurs des prix littéraires. Il plaide pour davantage de transparence dans la composition des jurys et dénonce certaines pratiques qu’il juge préjudiciables à la crédibilité des distinctions littéraires.

La polémique autour de La Maison aux murs blessés, ouvrage attribué à Joyeux Ngoma Mbumba et publié aux Éditions Elembo, continue de faire réagir dans le paysage littéraire congolais. Après la publication, mercredi dernier à Kinshasa, du rapport critique de la Clinique Littéraire de Kinshasa, les prises de position se multiplient autour des conclusions de cette structure, qui a notamment évoqué de possibles recours à l’intelligence artificielle ou à un prête-plume dans l’élaboration du livre.

C’est dans ce contexte que Pat le Gourou, promoteur de la Clinique Littéraire de Kinshasa, a choisi de porter le débat sur un autre terrain : celui de la responsabilité des organisateurs des prix littéraires dans la reconnaissance et la consécration des œuvres.

Dans un échange avec la Colonne Culture de la rédaction de CONGOPROFOND.NET, dimanche 1er novembre, le poète et nouvelliste n’a pas mâché ses mots. Il estime que les organisateurs de certaines distinctions portent également une part de responsabilité dans la consécration d’écrivains dont les œuvres ne répondraient pas, selon lui, aux exigences littéraires attendues.


« Aux organisateurs des prix littéraires : c’est aussi de votre faute si certains écrivains ont des trophées non mérités. Désormais, nous voulons connaître un mois à l’avance les noms des membres de vos jurys. Ils ne peuvent pas poser des actes aussi destructeurs et se cacher allègrement derrière le rideau du délibéré. La complaisance dans ce milieu doit s’arrêter », a-t-il déclaré.

La transparence des jurys au cœur de la revendication

À travers cette sortie, Pat le Gourou remet en question l’opacité qui entoure parfois les mécanismes de désignation des lauréats. Sa principale revendication est claire : rendre publics, au moins un mois avant la proclamation des résultats, les noms des membres des jurys chargés d’évaluer les œuvres candidates.
Une exigence qui, dans son esprit, permettrait de renforcer la responsabilité des évaluateurs, de prévenir les conflits d’intérêts et de restaurer la confiance entre les écrivains, les lecteurs et les institutions qui décernent les distinctions.

Au-delà du cas de Joyeux Ngoma Mbumba, cette prise de position soulève une question plus large sur les critères de consécration littéraire en République démocratique du Congo. La multiplication des prix et distinctions devrait-elle nécessairement s’accompagner d’une plus grande exigence dans les procédures de sélection ?

Une polémique qui dépasse un seul ouvrage

L’affaire La Maison aux murs blessés semble ainsi avoir ouvert un débat qui dépasse largement l’appréciation d’un ouvrage particulier. Elle remet sur la table des préoccupations liées à l’authenticité de la création, à l’éthique littéraire, à la qualité des productions et à la crédibilité des distinctions.

En interpellant directement les organisateurs des prix littéraires, Pat le Gourou entend faire de cette controverse un point de départ pour une réflexion sur la gouvernance du milieu littéraire congolais.

Reste à savoir si cet appel à la transparence trouvera un écho auprès des organisateurs concernés et s’il contribuera à instaurer de nouvelles pratiques dans un univers où la reconnaissance symbolique constitue, pour de nombreux auteurs, un enjeu majeur.

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