Littérature
Prix littéraire : Marie-Eugénie Mpongo et Clémentine Faïk-Nzuji, primées à l’occasion de la Journée de l’écrivain africain
Le centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, en collaboration avec les Femmes des Lettres du Congo (FLCO), a célébré, jeudi 7 novembre, des écrivaines africaines, Marie-Eugénie Mpongo et Clémentine Faïk-Nzuji, en leur remettant des portraits qui seront exposés à la bibliothèque Wallonie-Bruxelles. Cette initiative vise à inspirer les jeunes de cette génération, mais aussi à honorer ces femmes de lettres de leur vivant.
Mettre en avant ces écrivaines constitue une démarche pédagogique pour le centre Wallonie-Bruxelles. L’objectif est de montrer à la jeunesse et aux visiteurs de la bibliothèque que la République Démocratique du Congo compte encore des auteurs qui ont marqué la scène littéraire mondiale et qui continuent à publier.
Marie-Eugénie et Clémentine, mises à l’honneur en cette Journée de l’écrivain africain, ont été sélectionnées en raison de leur distinction au prix littéraire continental de 1969, dans le cadre d’un cercle culturel baptisé « Pléiades du Congo » sur le campus universitaire de Lovanium (Unikin). Il convient de noter que la 3ème vague de la génération d’écrivains africains et congolais a été lancée par des femmes.
Ces deux écrivaines sont des linguistes confirmées et spécialistes de la tradition orale. Clémentine Faïk-Nzuji a publié des récits, des nouvelles, une chronique et de nombreux recueils poétiques. Marie-Eugénie Mpongo a également publié des poèmes, notamment sur la dent de Lumumba, ainsi que des récits comme *Masikini*, qui ont été lus et célébrés juste avant la remise de son portrait.
Elles sont parmi les trois femmes qui ont marqué l’histoire de la littérature au sein des Pléiades du Congo, aux côtés de Caroline Nzuji, reconnue pour ses contes, et de Marie-Eugénie Mpongo et Clémentine Faïk-Nzuji, célébrées pour leur poésie.
La Journée de l’écrivain africain a été instituée en l’honneur d’un écrivain considéré comme l’un des pères de la négritude, Léopold Sédar Senghor.
Dorcas Mwavita / CONGOPROFOND.NET
Littérature
Littérature : Ketsia Mavinga en tournée européenne, une plume engagée qui brise les barrières du handicap
De Kinshasa à Paris en passant par Bruxelles, l’écrivaine congolaise Ketsia Mavinga impose une voix singulière, portée par la résilience, l’engagement social et la foi en la puissance réparatrice de la littérature.
Contactée par la rédaction culture de Congoprofond.net, Ketsia Mavinga poursuit une tournée littéraire remarquée en Europe. Femme vivant avec handicap, elle transforme son parcours de vie en une force créatrice et militante. À travers ses œuvres et ses rencontres, elle sensibilise à l’intégration sociale et lutte contre les discriminations dont sont encore victimes les personnes vivant avec handicap.
De Kinshasa aux grandes capitales européennes, son périple s’impose comme une véritable odyssée littéraire où la parole devient outil d’émancipation.
À Bruxelles, lors d’une escale marquée par une rencontre autour du livre congolais avec Bookutani, l’écrivaine a défendu avec conviction la place de l’engagement dans l’écriture. Pour elle, la littérature ne saurait être dissociée du vécu : « Mon premier livre est né du désir de donner espoir à ceux qui traversent des moments difficiles. C’est une manière de leur rappeler qu’il existe toujours une porte de sortie », confie-t-elle. Une démarche profondément personnelle, nourrie par ses propres épreuves, et tournée vers les autres, notamment les plus vulnérables.
Cette même logique d’engagement irrigue son second ouvrage, Kodjo et le trésor de la forêt, inspiré notamment par les enfants d’un orphelinat dirigé par sa mère. Face aux interrogations existentielles de ces jeunes, Ketsia Mavinga a choisi l’écriture comme passerelle pédagogique et émotionnelle.
« L’écriture m’a sauvé la vie. À travers ce conte, je veux montrer aux enfants que la littérature peut aussi être un refuge et un chemin », explique-t-elle, convaincue du rôle thérapeutique des mots.
Son passage au Salon du livre africain de Paris, du 21 au 22 mars, a constitué un autre moment fort de cette tournée. Elle y a présenté et dédicacé son premier ouvrage, Les histoires rencontrées à raconter, tout en annonçant officiellement la sortie de son nouveau livre.
Accueilli chaleureusement par le public parisien, Kodjo et le trésor de la forêt confirme l’intérêt croissant pour une littérature africaine engagée et incarnée.
Enfin, le 27 mars 2026, Ketsia Mavinga a pris part au Salon du livre au féminin organisé au Centre culturel congolais de Bruxelles.
Une tribune supplémentaire pour cette auteure en pleine ascension, qui ne cesse de faire entendre une voix authentique et nécessaire dans le paysage littéraire contemporain.
À travers cette tournée européenne, Ketsia Mavinga ne se contente pas de promouvoir ses ouvrages : elle incarne une littérature de combat, d’espoir et de transmission, où chaque mot devient un acte de résistance et de reconstruction.
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