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Présidentielle 2018: Ramazani Shadary a conquis Kolwezi

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Le candidat président du Front Commun pour le Congo( FCC ), a, lors de son meeting populaire organisé mardi 27 novembre, au stade Diur de la commune de Manika à Kolwezi, demandé à la population de la province du Lualaba de voter massivement pour lui afin de « poursuivre toutes les œuvres du chef de l’État, Joseph Kabila Kabange ».

Face à la foule venue l’entendre, le candidat du FCC s’est d’emblée présenté: « Je suis Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC à l’élection présidentielle. Je suis en campagne électorale et porte le numéro 13. C’est Joseph KABILA KABANGE qui m’a choisi et c’est le FCC qui porte ma candidature».

Humblement, il a sollicité les voix de la population de Lualaba en ces termes: « Votez pour moi, je suis un fils du terroir. Notre province est riche. Cette richesse vous appartiendra. Aidez-moi à gagner ces élections», a déclaré Emmanuel RAMAZANI.

Puis de poursuivre: « Je ne suis pas allé à l’étranger chercher le pouvoir. M’zee Laurent Désiré KABILA nous répétait de ne jamais trahir le Congo.
Votez aussi les candidats à la députation nationale et provinciale du FCC, car ils ne trahiront jamais le Congo ».

Toujours à cette occasion, Ramazani Shadary a béni tous les « champions », candidats du FCC aux législatives nationales et provinciales.

Rappelant à l’assistance qu’il y a quelques années, la province de Lualaba n’existait pas, Ramazani Shadary a fait savoir que cette reforme avait été combattue. « Aujourd’hui, c’est chose faite ! « , s’est-il réjoui.

Conscient des difficultés des habitants de cette partie du pays, il a détaillé qu’il y a des problèmes de routes, d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique, d’emploi.  » Le président Joseph KABILA a permis la révision du Code minier, afin que tous les Congolais prennent part à l’activité minière…», a-t-il appuyé.

Outre ces problèmes, il a relevé le prix de la farine de maïs de plus en plus cher, les enfants qui ne vont pas à l’école, les etudiants ayant du mal à payer leurs frais académiques, etc. « Aidez moi à devenir président de la République, je me battrai afin que l’école primaire soit gratuite.
Je mettrai hors état de nuire tous ceux qui se livreront à la corruption et au détournement des deniers publics », a-t-il lancé.

En guise de conclusion, le candidat président du FCC a recommandé la vigilance aux jeunes de la province de Lualaba, car certains candidats voudraient saboter les élections.

Présent dans le staff accompagnant Ramazani Shadary, Néhémie MWILANYA ,
Coordonnateur du Comité stratégique du FCC, a transmis les salutations du Chef de l’Etat à la population du Lualaba.

‘est lui qui a choisi Emmanuel Ramazani Shadary.  » C’est lui qui a choisi le candidat numéro 13″, a-t-il confirmé. Il a ensuite remercié la population venue nombreuse et lui a demandé de voter massivement pour le candidat numero 13, à l’élection présidentielle de décembre prochain.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Affaire des “Enfants Mushobekwa” : Le réquisitoire du Ministère public interroge la justice congolaise

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Dès les premières audiences du procès dit des “Enfants chilleurs”, le dossier a révélé des fragilités structurelles qui auraient dû alerter tous les observateurs. La plainte initiale de Madame Marie-Ange Mushobekwa situe les faits au 21 décembre 2025, alors qu’il a été établi devant la Cour que l’intrusion et la rétention des enfants se sont déroulées le 22 décembre 2025.

Et que le prévenu principal, Philémon Mambabua, n’est rentré à son domicile qu’à 4h30 ce jour-là. Cette discordance de date n’a rien d’un détail technique : elle vicie le fondement même de l’action publique. Mais le dossier souffre surtout d’une absence totale de preuves matérielles et irréfutables. Les photos et vidéos produites à l’audience ont été prises par la plaignante elle-même, à son domicile puis à l’hôpital, soit loin du lieu présumé où les violences auraient été perpétrées. Une exploration corporelle a aussi été réalisée par elle-même sans aucune autorisation judiciaire.

Tandis que la liste impressionnante de noms d’autorités citées par la plaignante (VPM, MinÉtat, Généraux, Colonels, Auditeur général des FARDC, AG de l’ANR, Député honoraire…) et versée au dossier n’a été suivie d’aucun témoignage en faveur de l’accusation devant la Cour. Le certificat médical, quant à lui, ne révèle “rien de grave ni de particularité”, le médecin traitant Yenga Mbuta Dosh Junior a reconnu n’avoir constaté “rien de spécifique”, et le rapport médico-légal n’a jamais été signé par le praticien.

Les problèmes d’horodatage aggravent cette fragilité : la pièce maîtresse de l’accusation (une clé USB contenant des vidéos et photographies ) porte une date de “mutation” au 29 janvier 2026 pour des faits supposés du 21 décembre 2025, tandis que la chronologie du déroulé demeure confuse, jamais étayée par une reconstitution objective. L’accusation, qui évoque un groupe de cinq, six, sept ou huit policiers pour n’en poursuivre que deux, ironise par ailleurs sur la demande de 3,4 millions de dollars de dommages-intérêts, jugée “impossible à payer”.

Ces incohérences, loin d’être anecdotiques, minent frontalement la crédibilité du dossier. Malgré 12 audiences, des questions pourtant centrales pour la manifestation de la vérité sont restées sans réponse, et l’édifice accusatoire repose sur “les seules déclarations de Marie-Ange Mushobekwa”, qui n’a jamais été témoin oculaire des faits allégués. Une irrégularité particulièrement révélatrice est venue entacher la procédure : les procès-verbaux d’audition de 2 témoins, Claudien et Christopher, fils de la plaignante.

Ces PV sont rigoureusement identiques du début à la fin, mot pour mot, phrase par phrase, comme s’ils avaient été copiés-collés, ce qui contredit toute idée de témoignages spontanés et indépendants. Aucun des renseignants entendus ( Malaïka, Sakina, Christopher, Noah, Clément Kanku ) n’a par ailleurs déclaré avoir perçu un ordre explicite de frapper ou de torturer. Le verbe maîtriser des mots “maîtrisez-les”, que le Ministère public interprète comme l’instruction déclenchant les violences, est lui-même contesté : s’agit-il d’un ordre de violences ou d’une simple injonction de contrôle ?

La Cour militaire n’a pas tranché. L’accusation admet que les enfants “n’ont pas été inquiétés” en quittant la salle de bain et que “Dieu était avec tout le monde”. Plus troublant encore : les enfants présumés torturés pendant plus d’1 heure 30 par un groupe de 7 à 8 policiers auraient ensuite eu le temps de faire une sieste de 10h à 17h avant de se rendre à une consultation médicale ( et non aux urgences ) à 22h !

L’absence de constat médical de torture, le flou persistant sur le nombre réel d’auteurs impliqués et l’impossibilité de déterminer qui a fait quoi dans cette affaire laissent subsister un doute profond sur la matérialité même des violences alléguées. C’est dans ce contexte de fragilité accusatoire, marqué par l’absence de preuves matérielles irréfutables et un récit reposant sur les affirmations d’une personne qui n’a pas assisté aux faits, que le Ministère public (magistrat chargé, en droit congolais, de requérir l’application de la loi et de défendre l’intérêt général au nom de la société ) a prononcé son réquisitoire le 7 mai 2026.

Or, les faits reprochés tombent sous le coup de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, dont l’article 48 bis prévoit une peine de 5 à 10 ans de servitude pénale, et l’article 48 ter une fourchette de 10 à 20 ans lorsque la victime est mineure. Pourtant, le Ministère public a requis deux ans de servitude pénale avec sursis contre Philémon Mambabua, ainsi que des circonstances atténuantes, reconnaissant implicitement que les enfants ont “joué un rôle” et que le prévenu n’avait pas prémédité les faits.

Une telle clémence, dans un cadre légal qui prévoit des peines 4 à 10 fois plus lourdes, interpelle. En qualité d’avocat de la société, le Ministère public a la responsabilité de requérir une peine proportionnée aux preuves réunies. En l’espèce, sa décision de s’écarter aussi nettement du quantum légal semble acter, de facto, l’absence de preuves suffisantes pour caractériser la torture, et confirme le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé. Reste à savoir si la Cour militaire de Ndolo, qui a instruit avec impartialité, suivra ce réquisitoire ou s’en émancipera pour affirmer une autre lecture du dossier.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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