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Présentation du 3ème Rapport d’examen biennal du PDDAA : Une réunion d’experts en vue d’harmonisation est prévue ce jeudi 10 mars

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C’est en prévision de la tenue prochaine de la présentation du 3ième Rapport d’Examen biennal du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique(PDDAA) que le département de l’Agriculture, du Développement Rural, de l’Environnement Durable et de l’Economie Bleue(DARBE), de la Commission de l’Union Africaine va organiser en date du 10 mars 2022 prochaine une réunion virtuelle pour lancer de manière officielle le troisième Rapport d’Examen Biennal (RB), du PDDAA.

En effet, à en croire les organisateurs, cette réunion virtuelle a comme objectif principal de s’inscrire dans le cadre de la mobilisation des efforts visant à mieux accroitre non seulement la sensibilisation et surtout le plaidoyer de toutes les différentes parties prenantes et à créer une dynamique derrière l’agenda du PDDAA pour un engagement politique, stratégique et financier durable.

En ce qui concerne les deux principaux objectifs spécifiques à attendre au cours de cette réunion virtuelle, il y a notamment : un plaidoyer en faveur d’une utilisation accrue du rapport sur le BR pour le dialogue, déclencher des actions au niveau des pays et stimuler les réponses politiques et d’investissement conçues pour accélérer la réalisation des objectifs de la déclaration de Malabo. Aussi, de générer des appels à l’action en capturant un éventail de questions émergentes sur les options politiques qui peuvent mieux contribuer au renforcement dans le cadre du processus de la Revue biennale.

Toutefois, il sied de signaler que parmi les participants qui prendront part au  lancement du 3ième RB, il y a entre autres : les membres des gouvernements, les parlementaires, les ministres de l’agriculture de l’Union Africaine, les communautés économiques régionales (CER), les partenaires au développement, la société-civile et les organisations, les secteur privé, le corps académique, le médias, les fermiers, les femmes ainsi que les groupes de jeunes qui devront débattre des résultats de ce rapport et ensuite formuler et faciliter l’engagement pour son application.

Melba Muzola/CONGOPROFOND.NET

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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par

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Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.

Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.

Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.

C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.

Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.

Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.

C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.

Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?

Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli.  Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.

Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.

L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.

Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.

Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique. 

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