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Hydrocarbures

Pollution pétrolière : l’ACEDH engage un bras de fer judiciaire contre les États de la région

Ce mercredi 26 novembre 2025, à la salle Campus de Silikin Village à Kinshasa, l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a tenu un point de presse majeur pour annoncer l’ouverture d’une procédure judiciaire historique. Aux côtés des défenseurs locaux de l’environnement et de leaders des communautés de pêcheurs du Lac Albert, l’organisation a confirmé que l’affaire n°47/2025 a officiellement été enregistrée à la Cour de Justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACJ) contre la République démocratique du Congo, la République d’Ouganda et le Secrétaire général de l’EAC.

Selon les explications fournies, cette action climatique trouve son origine dans une série de catastrophes écologiques observées dans la zone du Rift Albertin. Depuis septembre 2025, les pêcheurs constatent une baisse brutale du poisson, des eaux envahies d’algues suspectes et des épisodes d’asphyxie aquatique. Ces signes concordent avec un rapport scientifique publié le 2 octobre 2025 par Environmental Law Alliance Worldwide (ELAW), établissant un lien direct entre les activités pétrolières ougandaises – notamment Tilenga et Kingfisher – et la dégradation accélérée des écosystèmes partagés entre la RDC et l’Ouganda.

Les requérants dénoncent de graves violations des obligations régionales inscrites dans le Traité de l’EAC, en particulier celles liées à la bonne gouvernance environnementale, au développement durable et à la coopération transfrontalière. Ils reprochent notamment à la RDC l’absence totale de consultation de ses communautés riveraines, pourtant directement exposées aux risques des chantiers pétroliers frontaliers. Aucun processus d’Étude d’Impact Environnemental et Social Transfrontalier n’aurait été mené côté congolais, en dépit d’une obligation légale claire. L’État congolais est également accusé de ne pas avoir exigé de garanties suffisantes auprès de l’Ouganda.

L’ACEDH alerte également sur des menaces irréversibles pesant sur des écosystèmes sensibles comme le Parc National des Virunga, les zones humides Ramsar et les lacs Albert et Édouard, tous essentiels à la biodiversité régionale. Le Secrétaire général de l’EAC est, lui aussi, mis en cause pour son incapacité à assurer la surveillance et le respect du Traité par les États membres. Pour les communautés du Lac Albert, ce projet pétrolier représente un risque climatique majeur ainsi qu’une atteinte directe à leur survie économique, alimentaire et culturelle.

En conclusion, l’ACEDH et les leaders communautaires ont réaffirmé leur détermination à obtenir justice pour les populations affectées et à garantir une protection durable du Rift Albertin. Ils appellent la Cour de Justice de l’EAC à suspendre immédiatement les activités pétrolières controversées et à faire appliquer le principe du « pollueur-payeur ». Les requérants ont enfin insisté sur la nécessité d’assurer la sécurité physique et juridique des plaignants, témoins et soutiens engagés dans ce combat légitime.

Désiré Rex Owamba