Education
Pléthore à la DINACOPE : Willy Bakonga charge ses successeurs
L’ancien ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Willy Bakonga Wilima, est sorti de son silence pour dénoncer l’explosion des effectifs au sein des antennes et de la direction centrale de la DINACOPE. Lors d’une sortie médiatique largement suivie à Kinshasa, lundi 2 février 2026, il a affirmé avoir laissé, à son départ, 40 agents par antenne, contre 200 à 300 aujourd’hui, et près de 700 agents à la Direction nationale.
Ces déclarations relancent le débat sur la mauvaise gestion du fichier de paie dans le secteur éducatif, une situation qui, selon plusieurs observateurs, favorise le paiement massif des agents administratifs au détriment des véritables bénéficiaires que sont les enseignants. « À mon époque, une antenne du SECOPE comptait 40 agents. Aujourd’hui, ils sont contraints de travailler en alternance, venant à tour de rôle », a-t-il martelé.

Cette réalité est confirmée par des constats faits sur le terrain, où de nombreux agents ne se présentent que lors des contrôles physiques, entre le 1er et le 5 de chaque mois. Lors de la 24ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 29 novembre 2024 à Kalemie, le vice-ministre de l’EDU-NC, Jean-Pierre Kezamudru, avait d’ailleurs reconnu l’existence de mécanisations et prises en charge irrégulières depuis 2021 dans plusieurs bureaux gestionnaires de Kinshasa. D’où l’initiative de toilettage du fichier paie, réclamée par les syndicats enseignants lors de la commission paritaire de Bibwa en août 2024.
Justifiant son long silence, Willy Bakonga a comparé son attitude à « la technique du pangolin », feignant l’inaction pour mieux observer avant d’agir. Il en a profité pour dresser un bilan qu’il qualifie de positif de ses deux années à la tête de l’EPST, notamment dans la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire.
Il affirme avoir permis le retour à l’école de plus de 7 millions d’enfants, régularisé la situation salariale de plus de 100 000 enseignants non payés, payé 55 000 nouvelles unités du primaire et augmenté le salaire des enseignants de 120 000 FC à près de 400 000 FC. Il souligne également avoir organisé les épreuves certificatives avec un budget de 5 millions USD, contre 36 millions USD après son départ.
Sur le plan administratif, l’ancien ministre révèle avoir redéployé des agents des bureaux gestionnaires vers les écoles afin de renforcer les capacités d’accueil face à l’afflux des élèves. Toutefois, la rédaction de CONGOPROFOND.NET rappelle que de nombreux enseignants non payés du secondaire, identifiés depuis cette période, restent toujours sans prise en charge, notamment dans les écoles mécanisées non budgétisées.
Pour la rédaction, la politique de redéploiement avec salaire, appliquée sous Willy Bakonga, pourrait constituer une piste de solution pour intégrer ces écoles secondaires au fichier paie et redonner espoir aux enseignants concernés.

Pour rappel, Willy Bakonga Wilima a dirigé le ministère de l’EPST du 6 septembre 2019 au 12 avril 2021, au sein du gouvernement Ilunga Ilunkamba.
Jules Kisema Kikantu | CONGOPROFOND.NET
À la Une
« Bourse Bora » de Fifi Masuka : Un programme qui ouvre les portes de l’université aux meilleurs élèves du Lualaba dès 75 %
À l’occasion du huitième anniversaire de la Fondation AMANI, les jeunes de Kolwezi ont mis à l’honneur leur marraine, Fifi Masuka Saini, en consacrant une méga-conférence à ses réalisations en faveur de la jeunesse. Parmi les initiatives les plus saluées figure le programme Bora, considéré comme l’un des plus ambitieux mécanismes d’appui à l’excellence scolaire en République démocratique du Congo.
Au cours des échanges, les intervenants ont présenté les retombées du programme Lualaba Bora, qui récompense chaque année les élèves ayant obtenu au moins 75 % aux examens d’État. Ces lauréats bénéficient d’une bourse leur permettant de poursuivre des études supérieures dans les meilleures universités du pays et de l’étranger, contribuant ainsi à la formation d’une nouvelle génération de cadres pour le développement de la province et de la RDC.
Les organisateurs ont particulièrement insisté sur la spécificité de cette initiative. Contrairement à la Bourse Excellentia portée par Denise Nyakeru Tshisekedi, qui exige un minimum de 85 % aux examens d’État, le programme Bora de Fifi Masuka fixe le seuil d’éligibilité à 75 %, élargissant ainsi le nombre de bénéficiaires de l’excellence académique. Autre particularité majeure, les lauréats reçoivent une bourse couvrant cinq années complètes d’études universitaires, leur offrant une garantie de continuité dans leur parcours académique.
Pour les responsables de la Fondation AMANI, cette politique traduit la vision de Fifi Masuka Saini, qui considère l’éducation comme un levier stratégique du développement. En investissant durablement dans les talents de la jeunesse, la gouverneure du Lualaba entend créer une élite compétente capable de relever les défis économiques et sociaux de la province et du pays.
La célébration des huit ans de la Fondation AMANI a ainsi servi de tribune pour rappeler qu’au-delà des infrastructures et des projets de développement, le capital humain demeure la principale richesse du Lualaba. À travers le programme Bora, les jeunes ont voulu témoigner leur reconnaissance envers leur marraine, dont les actions en faveur de l’excellence scolaire constituent, selon eux, une source d’inspiration pour toute la République démocratique du Congo.
Victor Kalenga Nsana/CONGOPROFOND.NET
