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Pierre Lumbi : les hommages de la classe politique au Secrétaire général de » Ensemble pour la République
Le sénateur Pierre Lumbi Okongo et Secrétaire général de « Ensemble pour la République » s’est éteint dimanche 14 juin 2020 au centre médical de Kinshasa.
Quelques heures après ce drame, c’est une pluie des réactions dans le microcosme sociopolitique rendant hommage à l’illustre disparu.
En première ligne, l’ancien gouverneur de l’ex Katanga, Moïse Katumbi Chapwe. À l’en croire, en effet, ce décès sonne comme un coup de tonnerre pour la grande famille « Ensemble pour la République ».
« Affligé par cette grande perte, je présente, au nom de ENSEMBLE POUR LA RÉPUBLIQUE et en mon nom, mes condoléances les plus émues à ton épouse, à tes enfants, à ta famille, à tes proches, à tes camarades avec qui le combat continue. Le juste combat que tu as mené jusqu’à ton dernier souffle », a-t-il écrit dans un communiqué parvenu à la rédaction de Congoprofond.net.

Et d’ajouter : »Nous perdons bien plus qu’un Secrétaire Général. Nous perdons un grand frère, un ami, un sage. Notre chagrin est immense, nous poursuivons l’oeuvre entamée jusqu’à son accomplissement ».
Freddy Matungulu, l’un des administrateurs à la Banque africaine de développement( BAD) regrette la mort d’un compagnon :
« C’est avec une grande tristesse que j’apprends le décès de notre collègue et compagnon, Pierre Lumbi. Mes sincères et fraternelles condoléances au Gouverneur Katumbi et à toute la famille Ensemble. Paix éternelle à son âme », écrit Freddy Matungulu.
Jean-Pierre Bemba, président du MLC est consterné : « C’est avec consternation que j’ai appris le décès de Pierre Lumbi. Je garde de lui le souvenir d’un homme engagé et épris de voir un Congo nouveau. Toutes mes condoléances à sa famille biologique et politique ».
De son côté, Martin Fayulu regrette la mort de son directeur de campagne de la présidentielle de 2018 .
« Très attristé par le décès du Sénateur P. Lumbi. Nous avons milité ensemble à l’époque de la CNS il y a 30 ans. Il fut mon directeur de campagne lors de l’élection présidentielle de 2018 et je garde en mémoire son sérieux, la finesse de ses analyses et son sens de l’organisation »
Pour le député Patrick Muyaya, Pierre Lumbi était « un père de famille, une vraie bibliothèque, un dépositaire des secrets de la République, un fin stratège ». Il regrette la grosse perte pour la République.
Nehemie Mwilanya Wilondja, Coordonnateur du Front commun pour le Congo ( FCC) se dit consterné et présente ses sincères condoléances à la famille biologique et politique de l’illustre disparu.
Pour l’élu de Kananga, Claudel Lubaya, la mort n’est pas le bout de la vie, elle en fait partie. « Je suis effondré par ta brusque disparition, mon vieux @PierreLumbi. De toi, je garderai un fidèle souvenir. Mes condoléances les plus attristées à ta famille!
Vas en paix, repose en paix, tu as fini ta course », a-t-il réagi sur Twitter.
Pour Delly Sessanga, le baobab est tombé.
« Le 24/05, j’ai encore discuté avec toi de la situation du pays. Ns parlions de l’avenir. Nous ignorions que ce sera notre dernier entretien. Mon vieux, ta disparition est une immense perte et prive le pays de ton intelligence, ta sagesse et de ta finesse », a regretté l’élu de Luiza sur son compte Twitter.
Élue de Basoko et Secrétaire général du MLC, Ève Bazaiba rappelle que c’est une perte pour Ensemble pour la République.
« Tu as été un homme de grande valeur et de conviction politique. Je suis profondément attristée cher Pierre Lumbi. Paix éternelle à ton âme et toute ma compassion à ta famille biologique et politique », a-t-elle écrit.
En sa qualité de sénateur, ce décès n’a pas laissé indifférent la chambre haute du parlement. Dans un message rendu public par la cellule de communication de cette chambre législative, Alexis Thambwe Mwamba a présenté ses condoléances à sa famille biologique, politique mais aussi à tous les sénateurs de l’actuelle législature.
Pour rappel, figure marquante de la société civile zaïroise des années 90 contre la dictature de Mobutu, Pierre Lumbi a été plusieurs fois ministre.
Elu sénateur du Sud-Kivu en 2019, il s’était fixé comme objectif, pendant son quinquennat, de se battre pour la restauration de l’autorité de l’Etat dans la province du Sud-Kivu.
Il décrivait cette province comme une entité déchirée notamment par les guerres et conflits intercommunautaires.
MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET
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Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »
La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.
Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées
Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.
« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.
Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.
Des failles internes dans le dispositif sécuritaire
Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.
Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.
Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.
Une série d’incidents violents qui inquiète
Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.
Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.
Un appel à des mesures urgentes
Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.
Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.
Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
