À la Une
PDL-145T : Du rêve à la réalité, Ituri réceptionne ses premiers ouvrages à Mambasa !
Deux écoles construites dans le cadre du Programme de Développement Local des 145 territoires( PDL-145T) initié par le président Tshisekedi, ont été remises aux bénéficiaires ce samedi 25 mars 2023 pour le compte de la province de l’Ituri, en territoire de Mambasa.

Il s’agit de l’école primaire Ekwe située au village portant le même nom, à 12 kilomètres de Mambasa centre sur l’axe Mungbere, en chefferie de Walese Karo, ainsi que de l’école primaire Sayuni se trouvant au village Saïo, à 7 kilomètres de Mambasa centre sur l’axe Nia-Nia, en chefferie de Mambasa.
L’administrateur policier du territoire de Mambasa qui a présidé cette activité, s’est dit très satisfait de l’aboutissement de ces travaux.

“ Je suis l’homme le plus heureux. Ces deux écoles, c’était comme un rêve mais, aujourd’hui, c’est une réalité. Et la population se rend compte que le programme de développement local des 145 territoires du Chef de l’État n’était pas un rêve, c’était une réalité à venir. Une joie non seulement pour moi mais, pour toute la communauté dont les enfants vont devoir désormais étudier dans de bonnes conditions (…) ”, a exprimé le commissaire supérieur principal Matadi Muyampandi Jean-Baptiste au micro de buniaactualite.cd.
Les chefs des chefferies de Mambasa et de Walese Karo présents à la cérémonie se disent prêts à conserver ces ouvrages.
“ Ces ouvrages sont des cadeaux. Nous allons protéger ces édifices les plus longtemps possibles. Nous demandons à toute la population des contrées où s’exécutent les travaux du PDL 145 territoires, d’accompagner ce programme ”, a assuré Sweli Shafiko Tubi, chef de la chefferie de Mambasa .

Joie immense aussi du côté des bénéficiaires. Le cas du Directeur de l’école primaire Ekwe, Kilanja Mangala Joseph, qui se réjouit de l’achèvement de ces travaux. “ D’où nous venons, c’était catastrophique. À présent, je suis ravi de voir ces bâtiments achevés dans la paix. Je tiens à remercier le gouvernement’ ”, a-t-il confié.
Signalons que ces travaux prévus pour 6 mois, ont été exécutés en 5 mois par l’organisation non gouvernementale AR SADEC. Il s’agit pour chaque école de 4 bâtiments notamment, 2 contenant chacun 3 salles de classe, 1 bureau, 1 salle polyvalente, un bloc des toilettes et une borne fontaine.
CONGOPROFOND.NET/BUNIAACTUALITE.CD
À la Une
Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
