Littérature
Pat Le Gourou devient Otul, un nouveau nominal pour un regard sur ses racines
Le poète congolais assume ses racines mbunda et amorce un nouveau chapitre de son œuvre avec Epola ? Zamenga Batukezanga, exhumation pour le dernier jugement. Un nom s’efface, un autre s’impose. L’écrivain congolais Pat Le Gourou ne signera plus ses œuvres sous ce pseudonyme. À partir de son prochain essai, il adoptera définitivement la signature OTUL.
Plus qu’un simple changement de nom de plume, il s’agit d’un choix à la fois littéraire et identitaire. Inspiré de son post-nom, issu de ses origines mbunda, dans le territoire d’Idiofa (province du Kwilu, ancien Grand Bandundu), OTUL marque la maturité d’un auteur qui revendique désormais une écriture profondément enracinée dans son héritage culturel.
Du pseudonyme au nom- racine : la naissance d’Otul
Dans un entretien accordé à Congoprofond.net en ce jour, l’auteur de Vumilia, la Passion dans l’Église et de Mokitani annonce ce tournant avec conviction :
«« Otul est un nouvel écrivain… Plus conscient de son rôle et de sa mission. »»
Il ne s’agit pas d’un simple changement d’étiquette. Otul est le post-nom de Patrick Kitenge Otul. En le choisissant comme signature littéraire, l’écrivain délaisse son ancien pseudonyme pour revenir à ses racines. Un geste fort dans une littérature congolaise souvent partagée entre les influences extérieures et la valorisation de sa mémoire culturelle.
Pour l’auteur, ce changement symbolise le passage de l’expérimentation à l’affirmation, d’une quête personnelle à une mission de transmission.
« Epola ? Zamenga Batukezanga, exhumation pour dernier jugement » : L’acte fondateur
Cette nouvelle orientation se concrétise avec son dernier essai, Epola ? Zamenga Batukezanga, exhumation pour le dernier jugement.
Plus qu’une biographie, l’ouvrage se veut une apologie et une plaidoirie en faveur de Zamenga Batukezanga, le « Sage de Livulu », dont le prénom, Clément, demeure méconnu d’une grande partie du public.
À travers cet ouvrage, le nominal Otul, entend lutter contre l’oubli et la sous-estimation dont souffre, selon lui, l’un des écrivains congolais les plus lus, mais trop souvent négligé par une partie de l’intelligentsia.
En réhabilitant Zamenga Batukezanga, l’auteur revendique également sa propre filiation littéraire. Il s’inscrit dans une tradition où l’écrivain est à la fois gardien de la mémoire, passeur de culture et témoin de son époque.
Un nouveau regard sur littérature congolaise
À travers cette évolution, Otul pose trois jalons majeurs :
1. L’identité : écrire à partir de ses racines mbunda pour dialoguer avec l’universel.
2. La tradition : réhabiliter les grandes figures de la littérature congolaise, à l’image de Zamenga Batukezanga.
3. L’engagement : faire de l’écrivain un acteur de la mémoire collective et un défenseur de son patrimoine culturel.
« Un nouveau regard, un nouveau nom de plume et une nouvelle orientation de l’inspiration », résume l’auteur. Son ambition est claire : mettre désormais sa plume au service de la mémoire, de la culture et de la communauté.
Ce qu’il faut retenir
En abandonnant le pseudonyme Pat Le Gourou, l’écrivain ne renie pas son parcours ; il lui donne une nouvelle dimension. Depuis Idiofa, une nouvelle voix s’affirme : celle d’OTUL, une voix résolument tournée vers la transmission, la mémoire et l’enracinement culturel.
Barca Horly Fibilulu Mpia