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Parlement Rose : Christelle Vuanga prêche la solidarité comme clé de réussite chez les femmes
La première édition du « Parlement Rose », une initiative de la députée nationale Christelle Vuanga, présidente de la commission des droits de l’homme de la chambre basse du parlement, a tenu ce vendredi 02 avril dans la salle de spectacle du Palais du peuple.
Une opportunité offerte aux femmes pour faire entendre leurs voix et faire respecter leurs droits, et surtout discuter sur les sujets qui les concernent afin de trouver des pistes des solutions aux différents problèmes.
Parlement Rose, une vraie tribune d’expression regroupant les femmes de différentes couches sociales, accorde une place de choix aux femmes, lesquelles constituent une vraie force dans un pays où les pesanteurs culturels font barrages à l’émergence des femmes.
L’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Guillaume Chartin, qui a soutenu dès le début la brillante idée de l’honorable Christelle Vuanga, a dévoilé le plan d’action Genre de sa structure qui compte, entre autre, assurer la protection des femmes contre les violences sexuelles mais aussi contribuer à l’émancipation des femmes et des filles congolaises.
Pour les femmes parlementaires, il est évident que les hommes ne veulent pas que les choses avancent. Pour preuve, le gouvernement Sama Lukonde tarde a sortir à cause de l’exclusion des femmes sur les listes proposées par les partis politiques. En plus l’affaire du quota de 30%, n’a jamais été atteint. Ainsi, le combat des femmes doit continuer jusqu’à l’obtention des résultats attendus. » Il est vrai que les plaidoyers ont été menés auprès des institutions du pays. Ce qui est bien. Par contre le travail doit être d’abord fait en aval. Cela veut dire, instruire les filles de manière à être compétitive », a-t-elle dit.
Pour l’élue de Kinshasa, Christelle Vuanga, la tenue de cette activité de grande envergure démontre combien les femmes sont solidaires.
« La solidarité féminine est une clé pour la réussite. Réunir autant des femmes dans cette grande salle est vraiment extraordinaire . Avec les préjugés que j’ai entendus durant ma jeunesse, je m’étais promis de réunir les femmes un jour. En étant éparpillées, on perd beaucoup des choses. Ça n’a pas été facile. Si nous décidons de nous mettre ensemble nous serons capable de développer ce pays. La femme est une puissance », a-t-elle précisé.
Une cérémonie haut en couleur, des brillantes interventions des femmes leaders telles que Colette Tshomba, rapporteur adjoint de la chambre basse du parlement; Julienne Lusenge de SOFEPADI; la représentante de l’ONU femmes en RDC, ainsi que les pièces de théâtre illustrant les violences sexuelles dont les femmes sont victimes au quotidien, les poèmes et déclamations des élèves ont captivé l’attention de l’assemblée.
Le parlement Rose est à sa première édition et compte se poursuivre les années qui viennent pour parler des droits des femmes.
Elda Along /congoprofond.net
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
