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Actualité

PARJ2 : Le groupe thématique « Justice et Droits humains » installé à Tshikapa 

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C’est dans le cadre d’une étroite collaboration entre le ministère de la Justice et le Programme d’appui à la réforme de la justice (PARJ2) que s’est déroulée, ce vendredi 23 novembre, au chapiteau de l’Espace Vule à Tshikapa, la cérémonie d’installation du comité du groupe thématique « Justice et Droits humains » dans la province de Kasaï.

L’événement a débuté par un atelier auquel ont participé différentes autorités provinciales, notamment le gouverneur de la province, représenté par le ministre de l’Agriculture, le premier président de la Cour d’appel du Kasaï, le procureur général près de la Cour d’appel du Kasaï, ainsi que des magistrats militaires et civils, sans oublier les différents acteurs de la société civile. Tous ont répondu présents à cet appel qui marquera un changement dans le secteur de la justice.

Prenant la parole au nom du gouverneur de la province, le ministre de l’Agriculture a salué l’installation de ce cadre de concertation des acteurs de la justice qui permettra de renforcer le système judiciaire dans le Kasaï. Il a déclaré, lors de son allocution,: « Cette installation contribue à consolider progressivement l’État de droit prôné par le président de la République, qui accorde une place prépondérante à la gouvernance judiciaire ».

En tant que partenaire financier et technique, le représentant du Programme d’appui à la justice, Me Marcel Wetshokonda, a souligné l’importance particulière accordée par ce programme à la politique nationale de réforme de la justice. Pour lui: « Le PARJ2 accorde une importance particulière au pilotage, au suivi et à l’évaluation de la politique nationale de réforme de la justice. C’est dans cette perspective qu’il apporte son soutien au groupe thématique Justice et Droits humains ».

En tant que coordonnateur adjoint du groupe thématique Justice et Droits humains, Serge Kashama, a rappelé le cadre juridique qui a créé ce cadre de concertation des acteurs de la justice, mais il a également souligné les domaines essentiels du groupe thématique Justice et Droits humains. Il a déclaré : « Le groupe voudrait que la population la plus vulnérable puisse accéder à une justice de qualité fondée sur le respect des droits humains. Notre politique vise à assurer une réelle indépendance du pouvoir judiciaire, afin qu’il ne soit pas soumis au pouvoir exécutif ou aux personnes riches ».

Au-delà de l’atelier d’installation, la deuxième phase de cette journée a consisté en des échanges entre les différentes parties prenantes de cet atelier. Des échanges parfois houleux qui ont porté sur l’adoption des termes de référence du groupe thématique Justice et Droits humains, sur les ressources disponibles pour ce cadre, son comité de pilotage, ainsi que sur l’accessibilité des instances judiciaires dans le grand Kasaï.

Il convient de noter que le GTJDH a pour mission de coordonner, d’harmoniser et d’aligner les interventions de tous les acteurs du secteur de la justice sur les priorités nationales. Il est également chargé d’appuyer la stratégie nationale, de contribuer à sa mise en œuvre et d’en assurer le suivi-évaluation.

Gilchrist KALEKA/CONGOPROFOND.NET

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple

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Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.

Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.

Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.

Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.

Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.

S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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