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Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo: les chefs coutumiers réclament leurs « redevances » pour bénir la terre !

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Les chefs coutumiers et traditionnels du secteur de Bukanga-Lonzo, une entité du territoire de Kenge dans la province du Kwango, réclament leurs redevances coutumières sur le site qui abrite le parc agro-industriel portant le même nom.

Une importante délégation de ces chefs coutumiers s’est rendue à Kinshasa pour faire entendre leur voix. Conduite par le chef du groupement Takundi, Mayala Ngi, la délégation a été voir le ministre délégué auprès du vice-premier ministre de l’Intérieur, sécurité et affaires coutumières, chargé des affaires coutumières, Eyrolles Michel Mvunzi Meya, en vue d’obtenir du gouvernement lesdites redevances.

De la bouche du chef de la délégation, les chefs coutumiers de Bukanga-Lonzo ont fait savoir que depuis l’érection du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo sur leur territoire, les autorités de la République démocratique du Congo n’ont jamais pensé à eux.

Le chef Mayala Ngi a dévoilé que la non satisfaction des chefs traditionnels ne permet pas à ce parc agro-industriel de produire des résultats escomptés pour satisfaire les organisateurs et la population bénéficiaire de ces champs.

Pour eux, la suite positive de leur réclamation aura été un déclic pour de bons résultats pour le parc de Bukanga-Lonzo.

Au sortir de l’audience que le ministre Mvunzi Meya leur a accordée, les chefs de groupements ont reconnu l’accueil chaleureux dont ils ont été bénéficiaires, et ont indiqué qu’ils ont la promesse du ministre d’avoir la suite à leurs réclamations.

Les chefs coutumiers de Bukanga-Lonzo promettent de bénir la terre pour la fertilité du site du parc agro-industriel dès que le gouvernement accède à leur demande.

Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET

Actualité

Santé maternelle en RDC : Augustin Tshibanda Muamba brise le silence sur la tocophobie, cette peur méconnue de l’accouchement

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L’Université de Kananga (UNIKAN) confirme une fois de plus son rôle moteur dans la production de connaissances scientifiques au service de la santé publique en République démocratique du Congo. À travers sa Faculté de Médecine, l’institution met en avant des travaux de recherche qui interrogent des problématiques longtemps ignorées, notamment dans le domaine de la santé mentale.

C’est dans ce contexte qu’Augustin Tshibanda Muamba, étudiant en médecine, s’est illustré par la défense remarquée de son travail de fin de cycle consacré à la tocophobie, une forme pathologique de la peur de l’accouchement encore largement méconnue et peu prise en compte dans le système de santé congolais.

Une recherche pionnière sur la santé mentale périnatale

Intitulée « Facteurs influençant la tocophobie chez les femmes enceintes consultant à l’Hôpital de l’Amitié Sino-Congolaise de Kinshasa », cette étude transversale a été menée de janvier à décembre 2025 au sein du département de Neuro-Psychiatrie. Le travail a été réalisé sous la direction du Professeur Docteur Hutu Kabamba Bin Kayoka Victor, neuropsychiatre émérite au Centre Neuro-Psychiatrique de Kinshasa.

À travers cette recherche, l’auteur a souhaité attirer l’attention sur une réalité souvent banalisée : si la grossesse est généralement associée à la joie et à l’espoir, elle constitue également une période de grande vulnérabilité psychologique pour de nombreuses femmes.

Quand la peur de l’accouchement devient une pathologie

Dans son exposé, Augustin Tshibanda Muamba a expliqué que la peur de l’accouchement est fréquente chez les femmes enceintes et est souvent perçue comme une anxiété normale. Pourtant, lorsqu’elle devient intense, persistante et envahissante, cette peur peut évoluer vers une pathologie reconnue par l’Organisation mondiale de la santé : la tocophobie.

En République démocratique du Congo, et particulièrement à Kinshasa, la santé mentale périnatale demeure peu explorée sur le plan scientifique et reste insuffisamment intégrée dans le suivi prénatal. Cette lacune justifie la pertinence et l’originalité de l’étude menée.

Objectifs clairs et méthodologie rigoureuse

L’objectif général de la recherche était d’évaluer le niveau de peur de l’accouchement et les facteurs associés chez les femmes enceintes consultant à l’Hôpital de l’Amitié Sino-Congolaise. De façon spécifique, il s’agissait de décrire leurs caractéristiques sociodémographiques et obstétricales, d’estimer la prévalence de la peur de l’accouchement et de la tocophobie, puis d’analyser les facteurs susceptibles d’influencer cette peur.

Il s’agit d’une étude transversale descriptive et analytique réalisée auprès de 64 femmes enceintes en consultation prénatale. La collecte des données a été effectuée à l’aide de l’application KoboToolbox, sur base d’un questionnaire structuré. L’évaluation de la peur de l’accouchement s’est appuyée sur l’Échelle de la Peur de l’Accouchement (EPA), un outil standardisé de 21 items permettant de classer les niveaux de peur de manière cliniquement pertinente.

Des résultats alarmants

Les résultats obtenus sont particulièrement préoccupants. L’étude révèle que 84,4 % des femmes interrogées présentaient une peur élevée ou très élevée de l’accouchement. Plus encore, 25 % d’entre elles souffraient d’une peur très intense, compatible avec une tocophobie avérée.

L’analyse statistique a mis en évidence une association significative entre l’âge et le niveau de peur, les femmes âgées de moins de 30 ans étant les plus exposées aux formes sévères. En revanche, aucune association statistiquement significative n’a été observée avec le niveau d’instruction ou les antécédents obstétricaux traumatiques.

Ces taux, supérieurs à ceux rapportés dans certaines études internationales, pourraient s’expliquer par des facteurs socioculturels, le faible accès au soutien psychologique, ainsi que la prise en charge encore insuffisante de la santé mentale périnatale dans les structures de soins prénatals en RDC.

Vers une réforme du suivi prénatal

Malgré certaines limites, notamment la taille réduite de l’échantillon, le caractère transversal de l’étude et l’utilisation d’un outil auto-déclaratif, les résultats apportent un éclairage scientifique inédit sur une problématique jusque-là peu documentée dans le pays.

En conclusion, cette recherche plaide pour l’intégration systématique du dépistage de la peur de l’accouchement dans les consultations prénatales, ainsi que pour le renforcement de l’éducation, de l’information et de l’accompagnement psychologique des femmes enceintes. Elle contribue ainsi à promouvoir une approche plus globale, humaine et inclusive de la santé maternelle en République démocratique du Congo.

Un travail salué par le jury

À l’issue de la soutenance, suivie d’un débat scientifique approfondi, le jury a déclaré le travail du médecin stagiaire Augustin Tshibanda Muamba recevable, saluant la pertinence du sujet, la rigueur méthodologique et l’apport scientifique de cette étude à la compréhension de la santé mentale périnatale en RDC.

Mike Tyson Mukendi/Congoprofond.net

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