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« Papa Molière » accuse le CSAC de servir encore les intérêts de Kabila
Interviewé dans le cadre du magazine « Bosolo Ya Politiki », le député national León Nembalemba surnommé « Papa Molière » accuse le CSAC d’incompétence.
Il le surnomme d’ailleurs: le » CE SAC. »
Il réagissait ainsi après la suspension de l' »Émission Ya Babola » diffusée sur sa chaine de télévision Molière TV et présenté par lui-même.
» Les gens ne savent pas comment le CSAC a débuté. Il est le descendant de la Haute autorité des médias. C’était uniquement pour la période électorale .
On a vu Primo Mukambwila avec qui nous sommes en justice. HAM n’a laissé aucun souvenir. Abbé Bahala est venu après toujours dans l’incompétence. Et c’est comme ça que je le fais tomber. Si Tito Ndombi est président c’est à cause de mon combat. Il veut terroriser les journalistes. Nulle part la constitution n’interdit aux journalistes de cumuler ses fonctions avec la députation. Nous sommes allés à la cour de cassation, mais ils n’ont pas été capable de se justifier, » a-t-il déclaré à l’émission « Bosolo na Politiki » de ce dimanche 07 avril diffusée sur Afrika TV et Molière TV.
Pour Papa Molière, le CSAC a été le plus grand collaborateur du régime de Kabila, un régime rejeté par le peuple congolais.
Qu’est ce qui a motivé la suspension de cette émission ?
Le député de la circonscription de la FUNA estime que la suspension de son émission provient de la plainte de Mukoko Samba, le DG suspendu de la SCTP contre León Nembalemba pour imputation dommageable.
Pour lui, c’est un dossier du pénal et qui ne relève pas du CSAC. Curieusement le CSAC suspend l’émission ya Babola au lieu de le conseiller d’ester en justice. » Ils ont de l’huile dans leurs bouches.
Sûrement ils ont touché de l’argent de Mukoko Samba et ont préféré lui faire plaisir.
Le CSAC n’a rien et est très pauvre. D’où la partialité dans le traitement de ce dossier.
D’ailleurs, ils sont hors mandats. Ils ont déjà fait plus de 10 ans.
Ils vont partir puisqu’ils n’ont plus rien à faire. Je ferai de mon mieux en tant que député pour que ces gens puissent partir.
Ils auront des difficultés pour entretenir leurs jeeps. Ça coûte énormément cher, » a-t-il martelé.
TMB/ CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
