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Ouganda 2026 : Museveni célèbre sa victoire et durcit son discours face à l’opposition
Au pouvoir depuis 1986, le président ougandais Yoweri Museveni s’est adressé à la nation depuis sa résidence de Rwakitura, dans le district de Kiruhura, peu après la proclamation officielle des résultats de la présidentielle par la Commission électorale.

Le scrutin présenté comme un test du NRM
Entouré de la Première dame Janet Museveni et de plusieurs cadres du Mouvement de résistance nationale (NRM), le chef de l’État a qualifié l’élection de « bon test de la force du NRM ». Dans un ton triomphaliste, il a affirmé : « Si tous les membres du parti avaient voté, il n’y aurait pas d’opposition en Ouganda ».
Une opposition divisée et stigmatisée
Au cours de son allocution, Yoweri Museveni a opéré une distinction controversée au sein de l’opposition. Selon lui, certains opposants seraient « dans l’erreur mais ne sont pas des terroristes », tandis que d’autres seraient « dans l’erreur et sont des terroristes », sans toutefois citer de noms ni de partis.
Un contexte électoral sous haute tension
Cette prise de parole intervient dans un climat politique particulièrement tendu, marqué par une coupure prolongée d’internet le jour du scrutin du 15 janvier, des accusations de fraudes massives et des violences post-électorales ayant fait plusieurs morts à travers le pays.
Bobi Wine rejette les résultats et se met à l’abri
Le principal rival du président sortant, Bobi Wine du National Unity Platform (NUP), crédité de 24,72 % des voix selon les chiffres officiels, a rejeté ces résultats qu’il qualifie de « mascarade ». L’opposant a par ailleurs indiqué s’être mis en lieu sûr après un raid sécuritaire mené à son domicile.
Un règne prolongé malgré les critiques internationales
À 81 ans, Yoweri Museveni entame ainsi un nouveau mandat, prolongeant un règne de près de quarante ans. Une longévité politique qui continue de susciter de vives critiques au niveau international, notamment sur le caractère jugé non libre et non équitable du processus électoral ougandais.
Claudia N. Ilunga/CONGOPROFOND.NET
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Haut-Katanga : Jacques Kyabula jette l’éponge après 9 mois d’absence, la fin de plusieurs mois de spéculations
Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement démissionné de ses fonctions après près de 9 mois d’absence de la province. Dans une correspondance adressée au président de la République, Félix Tshisekedi, l’ancien chef de l’exécutif provincial affirme avoir pris cette décision afin de préserver « la sérénité des institutions ainsi que le bon fonctionnement de l’administration provinciale ».
Convoqué à Kinshasa depuis juillet 2025, Jacques Kyabula tourne ainsi la page de plusieurs mois d’incertitudes autour de son avenir politique. Dans sa lettre de démission, il dit assumer toutes les conséquences « administratives et politiques » liées à son absence prolongée, tout en réaffirmant son attachement à la stabilité, à la paix et au développement, conformément à la vision du chef de l’État.
« Au cours des derniers mois, ma présence prolongée à Kinshasa, requise pour des raisons professionnelles et institutionnelles, m’a éloigné de ma province dans un contexte particulièrement sensible sur le plan sécuritaire. Cette situation a suscité des interrogations légitimes ainsi que des critiques relatives à mon absence durant une période de fragilité dans le Haut-Katanga », écrit-il.
Et d’ajouter : « Conscient de l’exigence de responsabilité qui s’attache à toute charge publique, et soucieux de préserver la sérénité des institutions ainsi que le bon fonctionnement de l’administration provinciale, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de tirer toutes les conséquences politiques et administratives de cette situation. »
Depuis juillet 2025, l’intérim à la tête de la province était assuré par le vice-gouverneur Martin Kazembe. Ce dernier avait procédé, le 28 mars dernier, à un remaniement du gouvernement provincial en intégrant de nouvelles figures politiques, une démarche jugée controversée par plusieurs observateurs au regard des textes régissant les entités territoriales décentralisées, cette prérogative revenant normalement au gouverneur élu.
Avec la démission officielle de Jacques Kyabula, le gouvernement provincial est désormais considéré comme démissionnaire, ouvrant la voie à l’organisation de nouvelles élections pour désigner un gouverneur et un vice-gouverneur du Haut-Katanga.
Cette nouvelle donne politique fragilise davantage l’exécutif conduit par Martin Kazembe, déjà contesté depuis la reconfiguration gouvernementale opérée au mois de mars.
Le poids des déclarations controversées
Pour rappel, Jacques Kyabula avait disparu de la scène publique avant de réapparaître dix jours plus tard, à la suite de propos tenus lors d’un meeting de l’Union sacrée de la nation organisé le 1er juillet 2025.
Lors de cette intervention, il avait tenu des déclarations perçues comme favorables à Joseph Kabila et Corneille Nangaa, appelant implicitement à un dialogue avec ces derniers, alors qu’ils sont accusés d’alimenter l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Patient MBY/CONGOPROFOND.NET
