Politique
Opacité, foot et millions : Serge Chembo met Didier Budimbu face à ses responsabilités
L’ancien ministre des Sports et Loisirs, Serge Chembo Nkonde, aujourd’hui député national élu de Sakania, revient sur le devant de la scène avec une interpellation ciblée. Dans une question écrite adressée à l’actuel ministre Didier Budimbu Ntubuanga, il exige des éclaircissements sur deux partenariats récemment signés entre le gouvernement congolais et des clubs européens, notamment l’AS Monaco et un club espagnol dont l’identité n’a pas encore été révélée.
Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, Chembo Nkonde invoque l’article 180 du Règlement intérieur pour soumettre formellement sa démarche. Il y joint une question écrite sollicitant des précisions sur la nature, les objectifs, les implications financières et les retombées concrètes de ces contrats pour le développement du football en République Démocratique du Congo.
« Il est indispensable que ces accords fassent l’objet d’une communication transparente. Le peuple congolais doit savoir ce que ces partenariats apportent réellement au sport national, au-delà des effets d’annonce », martèle Chembo Nkonde dans sa lettre datée du 17 juin 2025.
Il insiste également sur le fait que ces démarches ne doivent pas se faire dans l’opacité, afin d’éviter toute suspicion de favoritisme ou de détournement d’objectifs.
Alors que l’opinion publique reste divisée sur ces partenariats européens jugés à la fois ambitieux et flous, la réponse du ministre Didier Budimbu est très attendue. Pour beaucoup d’acteurs du sport congolais, cette clarification pourrait lever le voile sur une politique sportive encore trop souvent marquée par le manque de suivi et de vision à long terme.
Affaire à suivre sur fond de pression parlementaire croissante.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
