Politique
ONU : L’appel au cessez-le-feu de la Chine au M23 et autres groupes armés opérant en RDC
Dans son allocution, lors de la réunion d’information du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la MONUSCO, l’Ambassadeur Dai Bing a indiqué que le cessez-le-feu et la cessation de la violence sont des priorités absolues.
La poursuite des attaques des groupes armés dans l’est de la RDC pourrait aggraver la situation sécuritaire dans ce pays. Avec l’aide de l’Union africaine et de pays de la région tels que l’Angola, le M23 a annoncé début mars son accord de cessez-le-feu et de dialogue.
« La Chine appelle le M23 et les autres groupes armés à honorer sérieusement leurs engagements, à cesser toute activité violente et à se retirer des zones occupées », insiste-t-il, avant de préciser que récemment, le gouvernement de la RDC a lancé un programme de DDR couvrant 6 000 personnes dans les trois provinces de l’est de la RDC. La Chine s’attend à ce que les plans pertinents de DDR et de participation des groupes armés aux dialogues créent des conditions favorables.
Selon l’Ambassadeur Dai Bing, la communauté internationale doit appuyer vigoureusement les interventions humanitaires.
L’aggravation de la situation dans l’est de la RDC a déplacé six millions de personnes, ce qui a entraîné d’énormes besoins humanitaires. La communauté internationale doit fournir des ressources adéquates pour le plan de réponse humanitaire de la RDC.
Les agences compétentes des Nations Unies et le gouvernement de la RDC devraient travailler ensemble pour maximiser les avantages de leurs évaluations humanitaires et assurer la livraison sûre et fluide des fournitures.
Tout en répondant aux besoins humanitaires à court terme, nous devons également aider la RDC à renforcer sa capacité de développement indépendant en fonction de ses besoins réels. La Chine adhère au respect mutuel, aux avantages mutuels et aux résultats gagnant-gagnant dans sa coopération avec la RDC, et soutient la RDC dans la transformation de son avantage en matière de ressources en avantage de développement. Le projet de coopération Chine-RDC a obtenu des résultats remarquables en soutenant le développement industriel local, en développant l’emploi et en améliorant les moyens de subsistance de la population, et a été salué par le gouvernement et le peuple de la RDC.
La Chine souhaite travailler avec la communauté internationale pour apporter davantage de contributions à la paix et au développement de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
