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Sécurité

Nyakunde sous tension : mort du chef milicien FPIC, l’armée ouvre une enquête et la riposte contre Ebola vacille

La situation reste particulièrement tendue à Nyakunde, dans le territoire d’Irumu (Ituri), au lendemain des violences qui ont secoué cette importante agglomération. Entre la mort du chef autoproclamé de la milice FPIC, les explications des FARDC et les conséquences sur la riposte contre Ebola, les événements du 15 juillet continuent de susciter de nombreuses interrogations.

Selon plusieurs sources locales concordantes contactées par Buniaactualite.cd, Hérode, présenté comme le chef autoproclamé de la FPIC, est décédé des suites de blessures reçues lors des affrontements survenus mercredi soir à Nyakunde.

Blessé au cours des échanges de tirs, il aurait été admis à l’hôpital de Nyakunde avant de succomber à ses blessures. Deux de ses gardes du corps auraient également perdu la vie. Des sources locales évoquent aussi la mort de plusieurs combattants de la FPIC, sans qu’un bilan officiel n’ait été communiqué.

Les violences seraient parties d’une vive tension après le décès d’une femme enceinte qui avait besoin d’une transfusion sanguine. Dans un contexte marqué par les mesures sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola, les circonstances de sa prise en charge auraient provoqué l’incompréhension d’une partie de la population. Des installations sanitaires, dont un Centre de traitement Ebola (CTE), ont ensuite été prises pour cible avant que la situation ne dégénère en affrontements armés.

Certaines sources locales affirment que le chef de la FPIC serait intervenu pour tenter de calmer ses hommes avant d’être atteint par balle. Cette version des faits n’a toutefois pas été confirmée officiellement.

Au lendemain des incidents, le Secteur opérationnel Ituri des FARDC est sorti de son silence. Dans un communiqué publié le 16 juillet, l’armée affirme n’avoir reçu aucun ordre l’autorisant à mener des opérations militaires contre les groupes armés locaux.

Le commandement militaire précise que les opérations en préparation concernent exclusivement les rebelles des ADF et rappelle que la priorité des autorités demeure la pacification de l’Ituri ainsi que le renforcement de la cohésion entre les communautés.

Face aux nombreuses interrogations entourant les événements de Nyakunde, les FARDC annoncent l’ouverture d’investigations afin d’établir les circonstances exactes des faits. Elles assurent également que la situation est sous contrôle et appellent la population au calme.

Ces violences ont également des répercussions sur la riposte contre la maladie à virus Ebola. Selon plusieurs sources locales, des organisations humanitaires engagées dans la réponse sanitaire ont commencé à évacuer une partie de leurs équipes de Nyakunde, estimant que les conditions de sécurité ne permettent plus de poursuivre normalement leurs activités.

Ce retrait risque de compliquer davantage la surveillance épidémiologique, le suivi des contacts, la prise en charge des malades ainsi que les activités de sensibilisation des communautés, alors que l’Ituri demeure l’épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.

Le calme est revenu dans la région dans l’après-midi après le déplacement des autorités territoriales et provinciales.

Rédaction