Actualité
Numérique et Sécurité nationale : Le commissaire Mbambi prône des technologies au service du renseignement
Les nouvelles technologies doivent être mises au service de la défense et du renseignement. C’est le message fort lancé par le commissaire supérieur principal Richard Mbambi Kingana, administrateur du territoire d’Aru (Ituri), lors d’un colloque tenu à l’Université de l’Assomption au Congo (UAC), ce vendredi 16 mai à Butembo, dans la province du Nord-Kivu.
Invité à s’exprimer sur « L’emploi du numérique dans la sécurité et la défense nationale », le colonel Mbambi a insisté sur la nécessité, pour l’État congolais, de s’approprier les outils technologiques dans la collecte et le traitement de l’information sécuritaire. « Pour sécuriser le pays, protéger la population et ses biens, il faut d’abord un bon renseignement. Ensuite, il faut des instruments adaptés pour maintenir cette sécurité. Comme nous vivons à l’ère du numérique, il est indispensable de se doter d’outils technologiques modernes, tant pour le renseignement que pour la défense ou le maintien de l’ordre », a-t-il expliqué.
Le commissaire a illustré ses propos en évoquant les « capteurs » nécessaires à toute prise de décision efficace en matière de sécurité : « Ces capteurs peuvent être des êtres humains ou des dispositifs technologiques. Ils permettent à l’autorité d’être bien informée et d’agir avec précision. »
Cependant, l’officier supérieur a tenu à alerter sur les usages irresponsables du numérique, notamment au sein de la population. « Lorsque vous utilisez un téléphone pour envoyer ou transférer un message, assurez-vous que ce message ne va pas à l’encontre de la défense du pays ou de l’ordre public. Sinon, vous serez interpellé, et ce ne sera pas bon pour vous », a-t-il mis en garde.
Séjournant actuellement à Butembo dans le cadre de ses recherches scientifiques, le colonel Mbambi connaît bien la région pour y avoir longtemps servi comme commandant urbain de la police.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
