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Nord-Kivu : Un nouveau groupe armé s’installe à Mbilinga, la population dénonce exactions et impunité
La population du village Mbilinga, à la limite entre les groupements Baswagha-Madiwe (territoire de Beni) et Mwenye (territoire de Lubero), vit depuis près d’un mois un véritable calvaire. En cause : l’installation, depuis le 15 septembre 2025, d’un nouveau groupe armé dénommé “Mouvement des Jeunes Patriotes”, composé d’environ 150 hommes lourdement armés venus, selon leurs dires, de Rutshuru, où ils auraient combattu le M23.
Un groupe armé en quête de contrôle territorial
Le même jour de leur arrivée, ces miliciens ont animé un meeting populaire à Mbilinga-Centre, où ils ont également érigé leur État-major. Deux jours plus tard, le 17 septembre, une dizaine d’entre eux ont tenu un autre meeting à Mashuwa-Centre, dans la localité de Visiki-Mambombo.
Sur place, ils ont contraint le chef coutumier Manza à leur céder un terrain pour ériger leurs positions militaires à Mashuwa, Mambombo, Mwamba et Ngazi-Mabela — une exigence à laquelle la population s’est fermement opposée, redoutant les conséquences sécuritaires.
Vague d’exactions contre la population civile
Entre le 15 septembre et le 4 octobre 2025, plusieurs violations graves des droits humains ont été documentées.

Parmi elles :
- Instaurations de taxes illégales sur les activités économiques locales, variant jusqu’à 5 dollars américains par mois selon la taille des fermes ;
- Viol d’une mineure de 13 ans, commis en plein jour le 3 octobre à Vuswagha-Mbilinga, par un élément du groupe. Le commandant local, surnommé Baweke, aurait reconnu les faits et tenté d’imposer un arrangement à l’amiable, refusé par la communauté ;
- Vols et pillages de domiciles et commerces, notamment celui de Mulumbe de Kigholo et du fermier Ngwate, ainsi que le vol de 11 chèvres appartenant à différents habitants ;
- Tortures physiques infligées à Kasipiri et Dewayu, contraints de payer 40 000 FC après confiscation de leurs cartes d’électeur.
Ces violences ont plongé la population dans un climat de peur et de précarité, plusieurs familles ayant fui leurs habitations.

Les habitants appellent à l’intervention des autorités
Face à cette situation, les habitants de Mbilinga et des villages environnants appellent les autorités politico-administratives et militaires à intervenir d’urgence pour restaurer l’autorité de l’État.
Ils formulent notamment trois recommandations principales :
- Arrestation du violeur présumé du 3 octobre ;
- Délocalisation immédiate du groupe armé Mouvement des Jeunes Patriotes ;
- Organisation d’un dialogue social à Mabalako, chef-lieu du groupement Baswagha-Madiwe, afin d’apaiser les tensions.

Les forces vives locales et les organisations de défense des droits humains sont également interpellées pour relayer ce cri d’alarme et soutenir les démarches en faveur de la paix et de la sécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Par Aristide Kataliko