Provinces
Nord-Kivu : Shelukoo Kishala Bienfait félicite Jacquemain Shabani élu « Sénateur »
L’un des grands mécènes du territoire de Masisi, Bienfait Shelukoo Kishala a adressé, ce lundi 27 mai 2024, ses félicitations au Me Jacquemain Shabani Lukoo pour son élection sénatoriale.
« Le Nord-Kivu a abrité un grand événement qui a réussi. Nous avons suivi de très près ces élections et nous rendons hommage aux députés provinciaux pour cette échéance démocratique qu’ils ont respecté », a déclaré SHELUKOO KISHALA Bienfait Kishala avant d’ajouter :
« Je me permets ici de certifier que cette brillante victoire de Jacquemain Shabani Lukoo n’est pas uniquement le fruit de la discipline, du dévouement ou de l’assiduité mais elle est également la conséquence d’une vision éclairée et d’un attachement sans faille à cette province du Nord-Kivu. Toutes mes félicitations à notre frère Jacquemain Shabani Lukoo pour son élection. Les Nord-Kivuciens comptent beaucoup sur lui ».
Conseiller à la présidence de la République, Jacquemin Shabani Lukoo est élu sénateur avec huit (8) voix, ex aequo avec Jean-Marie Katokolyo. Ils ont été devancés d’une voix par Papy Mumbere Machozi. Le doyen Célestin Vunabandi ferme la marche avec six (6) voix.
En revanche, pas de siège pour Jean-Baptiste Mumbere Kasekwa. Malgré son « discours magistral » devant les élus provinciaux, le compagnon de Martin Fayulu n’a pas convaincu. Ancien député (2018-2023), Jean-Baptiste Kasekwa n’avait pas été candidat aux législatives nationales de décembre dernier. Suivant le mot d’ordre de son mentor, le « député à la voix cassé » passe ainsi dans l’anonymat politique après un brillant parcours à l’assemblée nationale.
Contrairement à la majorité de provinces, le Nord-Kivu n’a pas été concerné par les élections des gouverneurs et des sénateurs du 29 avril dernier, l’Assemblée provinciale étant incomplète, en attendant les législatives à Rutshuru et Masisi. Un arrêt de la Cour constitutionnelle autorisant aux anciens élus de 2018 de siéger a finalement permis l’organisation des sénatoriales dans cette province. L’élection du gouverneur devrait avoir lieu après la levée de l’état de siège en vigueur depuis mai 2021 dans cette province et en Ituri.
Cedrick Sadiki Mbala
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
