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Nord-Kivu : Pris au piège après l’appel de Sulutani Makenga, des militaires pro-FARDC abandonnés à Rumangabo
Au Nord-Kivu, la situation de plusieurs militaires congolais qui avaient exprimé leur volonté de réintégrer les rangs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) suscite de vives inquiétudes.
Selon l’activiste des droits humains Jacques Sinzahera, ces soldats, qui avaient répondu à un appel lancé par Sultani Makenga lors d’un meeting tenu le 4 janvier 2026, vivent aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles à Rumangabo.
D’après lui, l’initiative du coordonnateur militaire de la rébellion de l’AFC-M23 aurait servi de stratégie pour isoler ces militaires et les placer dans une situation de grande vulnérabilité, en violation du droit international humanitaire.

« Une situation catastrophique » à Rumangabo
« La situation des militaires rendus à Rumangabo devient catastrophique. Depuis le 4 janvier, Makenga s’est rendu à Rumangabo pour dire aux militaires rendus et qui ont envie de rejoindre le gouvernement d’entamer le processus du CICR et de retourner à Beni, ou soit à Uvira où il y a le gouvernement. Malheureusement, c’était une façon de violer le droit international humanitaire. Tous ces militaires ont été écartés et ils vivent maintenant le calvaire à Rumangabo », affirme Jacques Sinzahera.
Selon l’activiste, ces militaires seraient aujourd’hui abandonnés dans des conditions particulièrement précaires, sans assistance suffisante ni perspectives claires de transfert vers les zones contrôlées par le gouvernement congolais.
Appel à l’intervention urgente de la MONUSCO et du CICR
Face à cette situation jugée alarmante, Jacques Sinzahera appelle à l’intervention rapide de la communauté internationale afin de faciliter le transfert de ces militaires vers les zones sous contrôle du gouvernement. Il interpelle notamment la Mission de l’Organisation des Nations unies en RDC (MONUSCO) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Nous alertons la MONUSCO, nous alertons le CICR d’entamer le processus de rapatriement de ces militaires qui doivent se rendre au gouvernement. Aujourd’hui, il y a au moins deux militaires qui meurent chaque semaine, par manque de médicaments, par manque de nourriture, tout simplement parce que ce sont des militaires qui se sont manifestés qu’ils veulent rejoindre le gouvernement congolais lors de la parade organisée par le M23 à Rumangabo », dénonce-t-il.
Des décès signalés faute de soins et de nourriture
Toujours selon l’activiste, les conditions de vie dans ce camp seraient extrêmement précaires. Le manque de nourriture et de médicaments provoquerait des décès réguliers parmi ces militaires, déjà fragilisés par des mois de conflit.
Cette situation humanitaire, estime-t-il, mérite une attention immédiate des organisations internationales et des autorités concernées afin d’éviter une aggravation du bilan humain.
La question sensible des promesses non tenues
Dans sa dénonciation, Jacques Sinzahera évoque également la situation de certains militaires et policiers qui avaient répondu à l’appel patriotique du général Sylvain Ekenge les encourageant à quitter les rangs ennemis pour rejoindre les forces gouvernementales.
Selon lui, ces hommes avaient reçu l’assurance que leurs salaires et leurs avantages seraient respectés après leur retour dans les rangs de l’armée congolaise. Toutefois, plusieurs d’entre eux attendraient toujours le paiement de leurs primes et de leurs soldes.
Pour l’activiste, cette situation risque de décourager d’autres combattants susceptibles d’abandonner les groupes armés pour rejoindre les institutions officielles de la République.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
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Mongala : Richard Mazongo élu vice-président de l’Assemblée provinciale par acclamation à Lisala
À Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, le député provincial Richard Mazongo Ngweli a été élu, le 29 avril 2026, vice-président de l’Assemblée provinciale. Selon des sources parlementaires concordantes, son élection s’est faite par acclamation, traduisant un large consensus au sein de l’organe délibérant.

Un message placé sous le signe de la responsabilité et de l’humilité
Prenant la parole à l’issue de son élection, l’élu de la Convention des démocrates chrétiens rénovée (CDC/R), représentant la circonscription de Lisala territoire, a tenu à inscrire son mandat sous le signe de l’engagement et de la redevabilité :
« Je salue l’engagement du Président de la République, Chef de l’État, qui ne ménage aucun effort pour le retour de la paix. Notre engagement est de servir l’État congolais. Je ne suis pas plus important que les autres ; il s’agit simplement de la confiance que mes collègues ont placée en moi. La redevabilité parlementaire devant la population demeure notre caractéristique », a déclaré Richard Mazongo.
Respect des textes et priorité au bien-être collectif
Le nouveau vice-président a également insisté sur son attachement strict au respect des normes institutionnelles, notamment la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale :
« Je ne viens pas à ce poste pour travailler à contre-courant de la Constitution et du règlement intérieur. L’essentiel pour moi est l’accomplissement de mes tâches et responsabilités pour le bien-être universel », a-t-il souligné.
Une plénière marquée par deux décisions majeures

Outre cette élection, la séance plénière a été ponctuée par un second moment fort : l’adoption d’une résolution mettant fin à la décision du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, interdisant les motions contre les gouverneurs, vice-gouverneurs et membres des bureaux permanents des assemblées provinciales.
Un contexte politique sous tension dans la Mongala
Cette élection intervient dans un climat politique particulièrement tendu dans la province. Celui-ci est marqué notamment par :
– la démission du président du conseil d’administration de la taxe spéciale conventionnelle pour la reconstruction de la Mongala ;
– des manifestations organisées par l’UDPS/Mongala, réclamant le rétablissement de leur président fédéral, l’honorable Joël Edaya, démis de ses fonctions à la suite d’une motion incidentielle.
Un nouveau défi politique à relever
Dans ce contexte délicat, l’arrivée de Richard Mazongo à la vice-présidence de l’Assemblée provinciale est perçue comme un test de leadership et de capacité à fédérer. Sa mission consistera notamment à contribuer à la stabilité institutionnelle et à renforcer la confiance entre les élus et la population.
Jonas Mboli Egbokolimba / CONGOPROFOND.NET (Lisala)
