Politique
Nord-Kivu : Me Kasereka et le député Kiviri applaudissent l’arrivée d’une délégation pour enquêter sur les abus à Butembo
Une délégation envoyée par le gouverneur du Nord-Kivu séjourne actuellement en ville de Butembo pour enquêter sur plusieurs dossiers jugés sensibles. Ce jeudi 31 juillet, elle a rencontré différentes couches de la population ainsi que plusieurs personnalités, dont Me Guy-Guy Kasereka et le député provincial Joatham Kiviri, élu du territoire de Lubero.
Ces derniers ont salué l’initiative provinciale, rappelant qu’ils avaient, par le passé, dénoncé les mauvaises conditions de détention à la prison urbaine de Kakwangura, ainsi que certains abus présumés de l’auditorat militaire.
« Nous remercions l’autorité provinciale. Elle a été alertée il y a quelque temps au sujet de la situation alarmante de la prison de Kakwangura. Elle nous a écoutés et a dépêché aujourd’hui une délégation pour enquêter, comme nous l’avions souhaité. Nous voulons qu’elle s’imprègne de la réalité sur le terrain et vérifie nos allégations. Pour cela, nous disons merci. Cela prouve que nous avons des autorités sensibles aux réclamations de la population », s’est réjoui Me Guy-Guy Kasereka.
Les deux personnalités politiques expriment toutefois leur attente de résultats concrets au terme des investigations.
« Nous ne voulons pas qu’on se limite à l’envoi d’une délégation, comme cela se fait souvent au Congo, où des enquêtes sont ouvertes sans suite ni résultats. Nous voulons que les conclusions soient rendues publiques, que les coupables soient sanctionnés et que les innocents soient rétablis dans leurs droits », ont-ils insisté.
Pour rappel, Me Kasereka et le député Kiviri ont récemment dénoncé les mauvaises conditions de détention à la prison de Kakwangura. Ils reprochent également à l’auditeur militaire de Butembo de faire preuve d’abus dans l’exercice de ses fonctions. Selon eux, 85 % des détenus de cette prison seraient issus de la juridiction de l’auditorat militaire. Des accusations que le magistrat Georges Milosi continue de rejeter, parlant plutôt d’un acharnement injustifié contre sa personne.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
