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Nord-Kivu: Les agents du PDDRC-s Butembo-Lubero accusent 22 mois d’arriérés

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Les agents du Programme de Désarmement, Démobilisation et Relèvement Communautaire Social (PDDRC-s) Butembo-Lubero, réclament la paie de 22 mois de salaire. Ils ont cessé le travail jusqu’à ce que leur revendication soit résolue.

Pour exprimer leur ras-le-bol, ils ont allumé un grand feu devant leur bureau situé au quartier de l’Evêché, dans la commune Bulegera, en ville de Butembo dans l’Est de la RDC.

Ces grévistes se disent vouloir passer 7 nuits entières devant les installations de leurs bureaux, accompagnés des membres de leurs familles.

Ce n’est pas tout, Mumbere Mugheni Amini, chargé de communication et médias de cette structure indique qu’ils projetent une manifestation de colère, pour faire entendre leur voix.

« Nous continuons toujours à réclamer notre salaire depuis 2022. Tous ces agents, ce sont des grandes personnes, ils ont laissé leurs familles pour que le Programme soit ce qu’il est aujourd’hui. Récemment nous avons même lancé les activités à la mairie et cela doit toucher quand-même la conscience de nos autorités…Nous avons prévu une marche de grande envergure avec tous les ex-combattants parce que même eux continuent à réclamer leurs cartes biométriques et nous qui avons la tâche de les sensibiliser, nous sommes menacés », a-t-il indiqué.

Pour rappel, ces agents du PDDRC-s Butembo-Lubero ont amorcé leur mouvement de grève depuis le 07 juillet dernier.

Dalmond Ndungo

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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