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Nord-Kivu: le maire de Beni, Nyonyi Bwanakawa, suspendu !
Suspension, ce samedi 30 mai 2020 du maire de la ville de Beni, Nyonyi Bwanakawa par le gouverneur de province du Nord-Kivu. L’arrêté provincial signé par le gouverneur Nzanzu Kasivita Carly accuse le maire Nyonyi Bwanakawa de s’être caractérisé par un comportement contraire aux valeurs de référence de l’agent public de l’État.
Ce dernier s’est rendu coupable, selon lui, de violation du code de conduite de l’agent public de l’État, en ce qui concerne le droit de réserve sur le plan communicationnel.
Le même arrêté indique que le maire Nyonyi Bwanakawa a brillé par les actes subversifs allant jusqu’à jeter l’opprobre sur l’exécutif dont il fait lui-même parti au nom du principe de l’unité de commandement.
Pendant la période de suspension, l’intérim sera assuré conformément au principe de suppléance légale.
La suspension de Nyonyi Bwanakawa intervient au lendemain de sa dénonciation sur les antennes de la Radio Télévision Rwanzururu(RTR), émettant à Beni où il a indexé des députés nationaux et provinciaux de complicité avec le gouvernement provincial du Nord-Kivu dans l’instrumentalisation des groupes de pression, auteurs des tensions observées dans sa ville. En clair, il a dénoncé l’insécurité entretenue par ces mêmes politiciens, députés et gouvernement provincial.
Avant sa suspension, le maire était déjà interpellé à Goma par sa hiérarchie. Cependant, il a été bloqué dans un hôtel pendant toute une semaine sans être reçu ou encore informé du motif de son interpellation.
Delphin Mupanda
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
