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Nord-Kivu : la question sécuritaire s’invite à la campagne des candidats gouverneur

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C’est partie pour la campagne électorale, depuis hier lundi 27 mai, à Goma pour les candidats gouverneur du Nord-Kivu. Pour la séance de ce premier jour, deux candidats sont passés devant les élus provinciaux pour présenter leurs projets de société. Il s’agit de Théobald Binamungu et Erick Kamavu.

Le premier veut remettre la sécurité au Nord-Kivu, pendant que le second se montre comme le gouverneur du changement.

Deux autres seront entendu ce mardi 28 mai par les élus provinciaux. Nzangi Muhindo Butondo et Carly Nzanzu Kasivita qui avait déjà commencé son exposé, mais a connu des malaises sanitaires obligeant le président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu de suspendre la séance momentanément avant de la reprendre quelques minutes plutard.

Le candidat Théobald Binamungu est revenu sur son parcours, surtout dans le domaine sportif de la RDC qu’il juge d’élogieux. Il dit que son cheval de bataille est la remise de la sécurité sur toute l’étendue de la province du Nord-Kivu.
« Je vous donne trois mois, chers honorables députés. Une fois élu gouverneur de province, je mettrai un dispositif sécuritaire fort; je rejoindrai sans complaisance le commandement des forces armées et de la police afin de garantir des patrouilles sur les tronçons routiers pour s’occuper des coupeurs de routes et vider l’insécurité telle que nous l’observons dans le Vusendo; je m’occuperai aussi du triangle de la mort qui sème la terreur à Beni, dans le secteur de Mbau, Eringiti, Mavivi et Nyaleke. Je m’engage à rétablir la sécurité sur tous les tronçons routiers et dans les villages, à neutraliser les bandes armées puisque je constitue moi-même une solution pour notre province », a priorisé ce membre actif de la FECOFA (Fédération Congolaise de Football Association).

Le candidat du RCD/KML, lui, se veut un candidat de la rupture et du changement. Erick Kamavu veut aussi améliorer le social de la population du Nord-Kivu. Bien qu’il soit de l’obédience de l’opposition, il a promis de travailler en collaboration avec le président de la République.

Le candidat FCC, Carly Nzanzu Kasivita, qui a connu des petits malaises sanitaires en plein exposé, reviendra avec Nzangi du MS devant les députés provinciaux ce mardi 28 mai pour présenter leurs plans pour la gestion de la province.

Il sied de souligner tout de même que les candidats qui ont déjà désisté, dont Jean-Paul Lumbulumbu Muthanava et Venant Tshipasa ne sont pas concernés par cet exercice bien qu’ils n’ont pas encore signifié s’ils sont en faveur de quel candidat gouverneur.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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