Sécurité
Nord-Kivu : Jacquemain Shabani Lukoo promet la levée de l’État de siège « une fois les conditions sécuritaires les permettront »
Le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières vient de boucler sa mission de travail de 3 jours en ville de Butembo, ce lundi 15 juillet 2024, au Nord-Kivu, à l’Est de la RDC. Avant son départ, Jacquemain Shabani Lukoo s’est confié à la presse pour éclairer l’opinion sur les questions de l’heure, surtout celle de la situation socio-sécuritaire qui prévaut dans la région.
Le patron de la sécurité en RDC a indiqué qu’il est dans cette partie de la province pour prendre les informations utiles mais aussi réconforter la population, la rassurer qu’elle n’est pas seule, abandonnée mais que le gouvernement de la République s’implique d’avantage pour mettre fin à toutes les difficultés sécuritaires, mettre fin à la guerre pour que le retour de la sécurité soit effectif dans le délai le plus bref.
Pour lui, plusieurs réunions se tiennent déjà dont celle du Conseil national de la défense et que les conclusions de celles-ci constituent un espoir en terme d’évaluation, de restructuration et de la mise en place d’une nouvelle stratégie pour la paix au Nord-Kivu.
C’est sous cet angle que Jacquemain Shabani est revenu sur la question de l’État de siège dont beaucoup d’acteurs de la société civile veulent sa levée à l’issue des consultations qu’il a eu avec eux. A cette question, il a indiqué que le gouvernement s’emploie à l’application des résolutions de la table-ronde. Pour sa levée, il faut que les conditions sécuritaires les permettent, a-t-il ajouté.
« Nous leur avons rappelé qu’à l’initiative du président de la République, avant les élections, il avait été organisé une table-ronde pour évaluer cette question là et qu’aux résolutions de cette table ronde, il avait décidé l’option de la levée progressive de l’État de siège. Malheureusement, il y a eu le processus électoral et la mise en place des institutions assez difficiles. Ça a pris du temps, mais le gouvernement s’emploie et s’implique à l’application de ces résolutions. Donc, il y a un travail qui est en train d’être fait pour pourvoir améliorer les conditions sécuritaires lesquelles vont permettre qu’on puisse arriver à l’exécution de la volonté des résolutions de la table-ronde sur l’État de siège« , a-t-il laissé entendre.
Il sied de noter que le Vice-premier ministre de l’intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières est arrivé à Butembo l’après-midi de samedi 13 juillet 2024. Sur place, il a accordé plusieurs audiences à toutes les couches de la société sur la situation sécuritaire.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
