Actualité
Nord-Kivu : Faux, l’éboulement de Masisi n’a pas fait 100 morts !
L’éboulement survenu, lundi 08 mai dernier, dans la cité minière de Rubaya en territoire de Masisi (Nord-Kivu), dans la mine de Songambele n’a pas fait 100 morts.
Cette version coupe court aux fausses informations et images qui font la une sur la toile faisant allusion à plus de 100 creuseurs artisanaux décédés et d’autres disparus.
Après une mission d’enquête effectuée sur le lieu du drame par une équipe dépêchée par le gouvernement provincial du Nord-Kivu, il est vrai qu’il y a eu éboulement mais qui n’a pas causé autant de morts. Dans une mise au point, le porte-parole du gouvernement provincial, le lieutenant-colonel Guillaume Nd’jike Kaiko, parle plutôt d’une personne morte et de trois autres blessées, comme bilan officiel.
« Sur base du rapport de la mission effectuée à Rubaya par une équipe dépêchée par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Constant Ndima, l’autorité provinciale informe l’opinion tant nationale qu’internationale de l’effectivité de l’éboulement qui s’est produit. En termes de bilan de cet incident, il a été enregistré un mort déjà enterré et trois blessés pris en charge dans des structures sanitaires de la place.Toutes les victimes sont des chasseurs artisanaux clandestins », précise le communiqué publié la soirée du 09 mai.
Et d’ajouter : « L’autorité provinciale rappelle que ledit périmètre était fermé sur décision du ministère national des mines « , peut-on lire dans un communiqué officiel du gouvernement provincial exploité par Congo Check.
Par ailleurs, le même bilan d’un mort est confirmé par le président de la société civile forces vives noyau de Rubaya, Gervais Hakizimana.
Selon lui, la population de Rubaya, en particulier, et celle du territoire de Masisi, en général, est appelée à lutter contre la déforestation et à demeurer vigilante à chaque fois qu’il pleut. » C’est vrai que notre sol est très fragile, mais la population doit prendre conscience et participer activement à la protection de l’environnement. Pour le moment, nos montagnes sont nues et les conséquences demeurent néfastes sur la vie de l’homme. Pour ce récent éboulement, le bilan est d’une personne morte et trois autres blessées. C’est après notre décente effectuée sur le lieu du drame avec l’équipe venue de Goma », a confirmé ce cadre de ladite structure citoyenne de Rubaya en groupement Kibabi.
Par ailleurs, l’administrateur assistant du territoire de Masisi, le colonel Zola Matadi Rémy, contacté confirme le même bilan d’un décès et de trois blessés. Par la même occasion, cette autorité territoriale appelle la population de sa juridiction à tenir compte de la décision du ministère des Mines sur l’arrêt de l’exploitation clandestine dans cette contrée.
Cette fausse alerte a vite pris de l’ampleur au moment où la province voisine du Sud-kivu a enregistré plusieurs centaines de morts et des disparus à la suite des inondations survenues à Bushushu et Nyamukubi dans le territoire de Kalehe.
Cedrick Sadiki Mbala/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
