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Politique

Nord-Kivu : Des mouvements de femmes dénoncent les massacres des ADF et exigent une action urgente des autorités

La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) et les Femmes Fondatrices, Résilientes et Tenaces (FORTE) ont élevé la voix face aux atrocités commises par les rebelles ADF à Ntoyo, en territoire de Lubero, et à Oïcha, en territoire de Beni. Dans une déclaration conjointe rendue publique ce jeudi 11 septembre 2025 à Butembo, ces deux plateformes féminines ont condamné avec fermeté les massacres de civils qu’elles qualifient de violations flagrantes des droits humains et de crimes qui interpellent la conscience nationale et internationale.

Elles dénoncent le silence coupable des autorités à tous les niveaux, lequel alimente, selon elles, un climat d’impunité et de résignation généralisée dans la population.

Face à cette situation dramatique, elles formulent plusieurs recommandations :

– Aux autorités nationales et provinciales : se mobiliser immédiatement pour apporter une solution urgente et durable à cette tragédie. À défaut, préviennent-elles, le peuple pourrait être contraint de se prendre en charge et de considérer ses dirigeants comme complices par leur indifférence au sang versé.

– Aux fils et filles de la région occupant des responsabilités : dépasser les divisions et cesser les discours qui fragilisent les plaidoyers pour la paix. Elles les appellent à s’engager sincèrement dans l’interpellation du gouvernement et des instances compétentes, tout en rappelant que le sang des victimes ne peut servir de tremplin politique.

– Aux communautés locales : rester soudées et organisées autour de leurs leaders communautaires courageux, afin de développer des stratégies d’autoprotection et de résistance citoyenne.

La DYFEGOU et FORTE estiment que se taire face aux massacres équivaut à une complicité. Elles réaffirment leur solidarité avec les familles endeuillées et lancent un appel pressant aux partenaires nationaux et internationaux afin de sortir de l’indifférence et de soutenir les efforts pour une paix véritable et durable dans l’Est de la RDC.

Parallèlement, la ville de Butembo a connu une paralysie totale des activités socio-économiques et scolaires. Les habitants ont massivement répondu à l’appel du mouvement citoyen Véranda Mutsanga, qui avait décrété une journée « ville morte » pour dénoncer les massacres à l’Est du pays. Dès les premières heures de la matinée, de jeunes manifestants ont érigé des barricades et incendié des pneus sur plusieurs artères de la ville. La tension a été telle que la police a dû intervenir, allant jusqu’à tirer à balles réelles dans certains quartiers pour tenter de rétablir l’ordre.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET