Sécurité
Nord-Kivu : Décès d’un jeune homme de 21 ans dans un cachot à Butembo, la Société civile dénonce
Au cours d’un point de presse tenu en son siège, le lundi 05 août 2024, la Coordination de la Société civile de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, a dénoncé le décès d’un jeune homme de 21 ans, au cachot de l’auditorat militaire, garnison de cette ville.
Cette révélation a été faite après un travail de monitoring dans les cachots et postes de police.
Il s’agit du nommé Kambale Valentin Georges, communément appelé Aslada, selon la Société civile, victime d’une arrestation arbitraire et qui a passé 5 jours à l’auditorat sans être auditionné sur procès verbal par l’Officier de police judiciaire de cette instance.
Âgé de 21 ans, il résidait au quartier Vutsundo, dans la commune Kimemi. Selon la même source, l’infortuné était incarcéré suite à une dette de 80 dollars usd qu’il devait à son beau-frère. Ce dernier avait porté plainte contre lui, après l’avoir torturé et ce, avant de contacter Madame Kahambu Muhasa Melisa que la société civile présente comme autorité judiciaire.
Celle-ci a envoyé deux militaires pour arrêter Kambale Valentin Georges le mercredi 10 juillet 2024, avant de succomber le lundi 15 juillet, dans les installations de cette instance judiciaire.
La Société civile dénonce et condamne ce qu’elle qualifie de vice de procédure, à en croire le révérend pasteur Mathe Saanane, son président.
Signalons que c’est à la morgue de l’hôpital de Matanda que le corps sans vie du pauvre Kamabale Valentin Georges était gardé, après l’autorisation de l’auditeur, qui a recquis l’expertise du médecin pour déterminer les circonstances de cette mort que Mathe Saanane, trouve mystérieuse.
Curieusement, sans respecter la réquisition de l’auditeur, le plaignant a pu retirer le corps et a procédé à son inhumation.
Qualifiant cet acte de flou, la société civile exige des enquêtes sérieuses pour que les responsabilités soient établies.
Elle demande également la suspension, sans délai, de madame Kahambu Muhasa Melisa, présumée auteure de cette violation de droit.
En réaction, l’auditeur militaire de garnison de Butembo, Major Georges Nkwa Milosi, reconnaît certains faits, en indiquant que le feu Kambale Valentin Georges était amené à son bureau, présentant déjà des malaises, ayant été torturé par son beau-frère à qu’il devait de l’argent et pour cette raison, il n’a pas été mis au cachot.
Aussi, souligne-t-il, que le plaignant et les deux militaires qui ont exécuté l’ordre d’arrestation, ainsi les deux agents de la morgue qui ont libéré le corps sans son autorisation, ont été arrêtés.
S’agissant de la suspension de madame Kahambu Muhasa Melisa, l’auditeur a précisé que la procédure administrative est en cours. Il termine en déclarant que la procédure judiciaire pour tout le dossier est déjà enclenché.
Dalmond NDUNGO/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
